Category Archives: Eco-crime

Parcs Régionaux et Nationaux en danger !

Tout peut être acheté par l’argent ! Même notre Parcs Régionaux et Nationaux !!!!
Qui va arrêter ce suicide? Ce n’est pas notre gouvernement parce qu’ils ont déjà investi 1,5 milliard d’euros dans cette entreprise, et tout est fait dans le mot énergie renouvelable!
En place de brûler du charbon, ils veux brûler nos forêts !
Cette absurdité me rend MALADE !!! Notre gouvernement vous fait croire qu’ils s’occupent de l’environnement en crée les Parcs jusqu’à une grande entreprise arrive, comme E.ON – Uniper avec la promesse d’énergie verte, d’emplois, etc.
Et même Nicolas Hulot semble avoir été convaincu qu’il vaut mieux brûler notre forêt que du charbon !!!

SIGNEZ LA PÉTITION

PETITION – E.On / Uniper veut brûler les forêts françaises à Gardanne ! (196 817 signatures le 2017-10-06)
https://www.sauvonslaforet.org/petitions/959/e-on-uniper-veut-bruler-les-forets-francaises-a-gardanne

Si vous n’êtes pas convaincu que vous devriez signer cette pétition, continuez à lire ces articles !


Le chantage nouvelle arme des politiciens pour massacrer la forêt

(6 OCT. 2017)

Les parcs naturels du Luberon et du Verdon acceptent la centrale à biomasse de Gardanne à laquelle ils s’étaient opposés. Renonçant à leur plainte déposée en 2015. Quant à FNE, elle réfléchit à sa position. La raison ? Parcs et association étaient menacés de se voir privés de subventions. N. Hulot a le Culot de nous prendre pour des Bulots. Il se déshonore en s’acoquinant avec Muselier.

Les parcs naturels du Luberon et du Verdon acceptent la centrale à biomasse de Gardanne à laquelle ils s’étaient opposés. Renonçant à leur plainte déposée en 2015. Quant à FNE, elle réfléchit à sa position. La raison ? Parcs et association étaient menacés de se voir privés de subventions.

Dans les tuyaux depuis 2012, l’unité à biomasse de la centrale thermique de Provence aurait dû commencer sa production d’électricité fin 2014. Uniper, ancienne filiale d’E.ON, prévoit d’y brûler 850.000 tonnes de bois par an. Un gâchis environnemental selon de nombreux élus locaux, collectifs et associations écologistes, qui s’inquiètent de l’effet d’entraînement qu’aura cette usine sur « l’industrialisation de la forêt ».

Localement, ce sont les nuisances sonores, les pollutions à cause des particules fines, des rotations de camion et des cendres qui sont critiquées.

Le 8 juin dernier, le tribunal administratif de Marseille rendait une décision sans précédent. Saisi en 2015 par les parcs naturels régionaux (PNR) du Luberon et du Verdon, des collectivités locales et des associations environnementales, il a estimé que l’étude d’impact du projet de conversion au bois, faite sur un rayon de 3 km autour de la centrale, était insuffisante. La justice donnait raison aux requérants en annulant l’autorisation d’exploitation et en imposant une nouvelle étude d’impact portant sur l’ensemble du périmètre d’où provient le bois. Voilà qui pourrait faire jurisprudence.

Mais depuis, la préfecture des Bouches-du-Rhône a offert une autorisation provisoire de 9 mois à l’énergéticien pour continuer ses activités dans l’attente d’une mise en accord avec les termes du jugement. Et de leur côté, Uniper et… Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, ont fait appel de la décision de justice. De quoi doucher les écologistes mobilisés sur ce dossier.

Vous avez bien lu: N. Hulot a le Culot de nous prendre pour des Bulots. Il se déshonore en se rangeant dans le camp de Renaud Muselier (environ 39 ans de mandats), président de la région PACA qui n’est pas à une incongruité près (euphémisme: il ose tout…):

« L’écologie doit être mise au service de l’économie pour faire de la croissance verte. »

Le texte complet est:
« Il va de soi que nous ne pourrions pas continuer à accompagner des structures qui prendraient une position contraire à celle de la Région sur un projet d’une telle importance pour notre avenir collectif. Il est temps que chacun se ressaisisse et comprenne que l’écologie n’est ni une doctrine ni une idéologie, mais doit être mise au service de l’économie pour faire de la croissance verte un atout et faire gagner la France. »

En clair : soit vous marchez avec la région et Uniper, soit on vous coupe les vivres. Un message adressé aux PNR du Luberon et du Verdon et à France nature environnement Paca (FNE Paca).

« Avec 70 à 80% de notre budget qui dépend de la région, comment voulez-vous que l’on ait la capacité de décider ? », s’indigne un élu du parc du Verdon. « En droit, on appelle cela du chantage. Mais nous allons y mettre les formes pour exprimer notre désaccord, sans oublier qu’il n’y a eu aucune concertation depuis le début sur ce dossier », exprime un autre délégué du parc du Verdon.

C’est la massacre de la forêt méditerranéenne qui est organisé, sans compter les incendies de forêts que l’exploitation et les norias de camions vont immanquablement provoquer.

Pour minimiser les impacts locaux il est promis d’utiliser des eucalyptus provenant d’une monoculture d’eucalyptus qui accueille des plants transgéniques, qui s’est faite sur une partie de l’Amazonie déforestée et sur la destruction de la savane du Cerrado.

Après la couleuvre des perturbateurs endocriniens, après le boa (à venir) du glyphosate et bien d’autres renoncement en préparation.

Ou Nicolas ne sait pas lire, ou il est le ministre de la fin de l’écologie.
Source : https://blogs.mediapart.fr/alfred-leclercq/blog/061017/le-chantage-nouvelle-arme-des-politiciens-pour-massacrer-la-foret


Face au chantage aux subventions, les parcs régionaux acceptent la centrale de Gardanne

(4 octobre 2017) / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)
null
Les parcs naturels du Luberon et du Verdon acceptent la centrale à biomasse de Gardanne à laquelle ils s’étaient opposés. Renonçant à leur plainte déposée en 2015. Quant à l’association FNE, elle réfléchit à sa position. La raison ? Parcs et association étaient menacés de se voir privés de subventions.

Valensole (Alpes-de-Haute-Provence), reportage
Ils s’inquiétaient de l’impact du projet de centrale à biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône) sur la forêt provençale et avaient porté leurs interrogations au tribunal. Las ! Après la menace aux subventions de la région Paca, les parcs régionaux du Verdon et du Luberon ont signé, vendredi 29 septembre, un protocole d’accord avec Uniper, le gestionnaire de la centrale, acceptant l’abandon des poursuites. Reporterre était présent lors de la signature des parcs et fait le récit de ce feuilleton très politique.

Dans les tuyaux depuis 2012, l’unité à biomasse de la centrale thermique de Provence aurait dû commencer sa production d’électricité fin 2014. Uniper, ancienne filiale d’E.ON, prévoit d’y brûler 850.000 tonnes de bois par an. Un gâchis environnemental selon de nombreux élus locaux, collectifs et associations écologistes, qui s’inquiètent de l’effet d’entraînement qu’aura cette usine sur « l’industrialisation de la forêt ». Localement, ce sont les nuisances sonores, les pollutions à cause des particules fines, des rotations de camion et des cendres: https://marsactu.fr/la-centrale-de-biomasse-enfouira-70-000-tonnes-de-cendres-par-an-sur-un-ancien-terril/ qui sont critiquées.


La centrale thermique de Provence, à Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Le 8 juin dernier, le tribunal administratif de Marseille rendait une décision sans précédent. Saisi en 2015 par les parcs naturels régionaux (PNR) du Luberon et du Verdon, des collectivités locales et des associations environnementales, il a estimé que l’étude d’impact du projet de conversion au bois, faite sur un rayon de 3 km autour de la centrale, était insuffisante. La justice donnait raison aux requérants en annulant l’autorisation d’exploitation et en imposant une nouvelle étude d’impact portant sur l’ensemble du périmètre d’où provient le bois. Voilà qui pourrait faire jurisprudence.

« En droit, on appelle cela du chantage »
Mais depuis, la préfecture des Bouches-du-Rhône a offert une autorisation provisoire de 9 mois à l’énergéticien pour continuer ses activités dans l’attente d’une mise en accord avec les termes du jugement. Et de leur côté, Uniper et… Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, ont fait appel de la décision de justice. De quoi doucher les écologistes mobilisés sur ce dossier.

Un nouveau coup de gourdin leur a été asséné avec les menaces de Renaud Muselier, président (LR) de la région Paca, dans un communiqué publié dès la parution du jugement : « Il va de soi que nous ne pourrions pas continuer à accompagner des structures qui prendraient une position contraire à celle de la Région sur un projet d’une telle importancpe pour notre avenir collectif. Il est temps que chacun se ressaisisse et comprenne que l’écologie n’est ni une doctrine ni une idéologie, mais doit être mise au service de l’économie pour faire de la croissance verte un atout et faire gagner la France. »

En clair : soit vous marchez avec la région et Uniper, soit on vous coupe les vivres. Un message adressé aux PNR du Luberon et du Verdon et à France nature environnement Paca (FNE Paca).
Sous l’ancienne majorité (PS, EELV, FG), la région s’était prononcée en faveur d’un moratoire sur le projet d’unité à biomasse, suivant en cela les PNR, qui s’inquiétaient d’une mobilisation trop importante de la ressource en bois au détriment des usages locaux et de la biodiversité.


Renaud Muselier, président de la région PACA : « L’écologie doit être mise au service de l’économie pour faire de la croissance verte. »

« Par le passé, nous avons eu des interlocuteurs avec lesquels nous étions en désaccord juridique sur des sujets particuliers, comme la THT Haute Durance (https://reporterre.net/Dans-les-Hautes-Alpes-le-chantier-de-la-ligne-a-tres-haute-tension-saccage-l), ce qui n’a pas entraîné pour autant l’arrêt de leur soutien », rappelle Gilles Marcel, président de FNE Paca. « Cette situation nouvelle s’inscrit dans une période difficile pour les associations, qui voient une baisse globale du soutien des institutions », ajoute l’écologiste, qui s’inquiète d’une « situation délicate » mettant en danger la dizaine d’emplois de la fédération FNE régionale. Elle a été reçue au conseil régional au cours de l’été pour envisager un protocole d’accord avec la région et Uniper. « Nous souhaitons le redémarrage d’une relation normale avec la région. Nous avons la volonté de nous engager dans le protocole d’accord, mais on ne signera rien si c’est contraire à nos convictions, à savoir défendre l’intérêt général et la santé des populations », plaide Gilles Marcel. Sur le fond, le président de FNEPaca reste convaincu que l’unité à biomasse de la centrale de Gardanne « reste un projet d’une autre époque. Ce n’est pas comme cela que l’on entend la biomasse, mais plutôt en valorisant les chaufferies locales ».

« Avec 70 à 80% de notre budget qui dépend de la région, comment voulez-vous que l’on ait la capacité de décider ? » s’indigne un élu du parc du Verdon. « En droit, on appelle cela du chantage. Mais nous allons y mettre les formes pour exprimer notre désaccord, sans oublier qu’il n’y a eu aucune concertation depuis le début sur ce dossier », exprime un autre délégué du parc du Verdon.

Ce vendredi 29 septembre, les deux PNR du Luberon et du Verdon ont réuni un comité syndical spécial commun dans la salle polyvalente du village de Valensole (Alpes-de-Haute-Provence), situé sur le territoire du PNR du Verdon. L’unique question à l’ordre du jour, posée à la soixantaine de délégués présents, étant la « suite à donner » sur le dossier de la centrale à bois : s’engager dans un protocole d’accord quadripartite (Luberon, Verdon, région, Uniper) ou poursuivre les actions en justice [1]. La réunion était ouverte au public, mais sans que la presse ait reçu d’invitation. Seul média présent, Reporterre.

Le protocole d’accord entre Uniper et les parcs naturels régionaux du Luberon et du Verdon.
https://reporterre.net/IMG/pdf/3_protocole_regionpaca_uniper_pnrl_pnrv_version_finale.pdf

Le protocole prévoit l’encadrement de l’étude d’impact conformément aux critères du programme national de la forêt et du bois (http://agriculture.gouv.fr/le-programme-national-de-la-foret-et-du-bois-2016-2020). Uniper s’engage à faire œuvre de transparence en informant les parcs, « une fois l’an, à l’échelle communale, les quantités de bois déclarées par ses fournisseurs »sur les territoires concernés. En contrepartie, les PNR abandonnent toute action en justice. Les quatre parties s’engagent à l’animation de la filière bois locale, qui valoriserait le sylvopastoralisme en répondant aux « difficultés en raison de la fermeture progressive des milieux », respecterait les paysages et la biodiversité et aiderait la politique de lutte contre les incendies. L’étude d’impact est prévue pour un temps très court, jusqu’au 22 décembre, « délai réglementaire et temps de transmission aux services de l’État » compris. Les parties s’engagent pour 3 ans, avec la possibilité de rompre leur participation si elles jugent que les conditions du protocole ne sont pas respectées.

« Nous nous réunissons pour une décision importante pour nos territoires et nos structures. L’exécutif régional a souhaité se placer en médiateur. Nous avons travaillé cet été avec les services régionaux pour sortir d’un blocage », expose en ouverture Bernard Clap, président du parc du Verdon et maire de Trigance, dans le Var. « Le protocole nous fait certes renoncer à nos actions juridiques, mais inscrit le respect de chacun que nous demandons », poursuit la présidente du PNRdu Luberon, Dominique Santoni, maire (LR) d’Apt, dans le Vaucluse. « On a passé quelques mois un peu compliqués, dit Éliane Bareille, conseillère régionale (LR) des Alpes-de-Haute-Provence, qui représente la région au PNR du Verdon ; mais tous ensemble nous avons eu la volonté de trouver des solutions et de répondre à une gestion transparente et durable de la ressource locale qui sera un levier pour un développement équilibré du territoire, pour l’approvisionnement durable des différentes filières et la reconquête de la biodiversité ».

« La forêt de Provence ne tiendra pas le choc »
Puis la parole est laissée aux représentants d’Uniper. Jean-Michel Trotignon, chargé des relations institutionnelles pour Uniper France, entend « balayer les problèmes que nous rencontrons et ramener un certain nombre d’infos ». Son argumentaire invoque la « transition » pour « abandonner l’ancien monde, passer du fossile au renouvelable. On ne prétendra jamais que pour les 80 ans à venir l’ensemble de l’électricité devra se faire en biomasse », se veut-il rassurant. Dans un long exposé appuyé d’un PowerPoint, Jean-Michel Trotignon et Gilles Martinez, ingénieur forestier chez Uniper, tentent de désamorcer les critiques. « Nous avons un modèle économique innovant, autre que celui de la papeterie, qui amènera des retombées économiques dans les territoires ruraux »,affirme Gilles Martinez. « Le plan d’approvisionnement se compose à 20 % de bois de coupe en forêt méditerranéenne, sur Paca et Languedoc-Roussillon, soit un rayon de 250 km autour de la centrale, 10 % de recyclage, 55% d’importation et 15 % de plaquettes d’élagage », poursuit Jean-Michel Trotignon. Un engagement sur les dix premières années avant que l’importation ne soit abandonnée les dix années suivantes.

Le bois d’importation vient d’Espagne et du Brésil. « Rassurez-vous, ce n’est pas du bois issu de la déforestation, mais de plantations d’eucalyptus certifiées », précise Jean-Michel Trotignon. Une monoculture d’eucalyptus qui accueille des plants transgéniques (https://www.courrierinternational.com/article/2014/09/04/bientot-des-eucalyptus-transgeniques-au-bresil), qui s’est faite sur une partie de l’Amazonie déforestée (https://reporterre.net/En-foret-d-Amazonie-l-equivalent)et sur la destruction de la savane du Cerrado. Signe que la certification PEFC ou FSC, sur l’ensemble des bois pour Uniper, ne garantit rien (http://www.lutopik.com/article/les-forets-certifiees-sont-elles-durables-FSC-PEFC). Si les deux hommes souhaitent exposer des bonnes pratiques, présentées comme nouvelles, en réalité le modèle d’E.ON puis d’Uniper n’a pas évolué. Dans les propos de Jean-Michel Trotignon, seul le périmètre d’approvisionnement local, initialement de 400 km, a changé.

Le rayon d’approvisionnement de la centrale de Gardanne.
Uniper finit par se retirer de la salle pour laisser débattre les élus des parcs. Il ne reste que 25 minutes du temps imparti. « Uniper fait ce qu’il aurait dû faire au dépôt de son dossier, donc quelle garantie avons-nous de la part de cette entreprise ? Pour quelle raison tient-on à la suppression de la possibilité d’agir en justice ? La part belle est faite à Uniper au détriment des parcs. Ce n’est pas un protocole où les parties sont à égalité », affirme Alain Deille, délégué au PNR du Luberon et maire d’Oppède (Vaucluse). L’intervention est applaudie par les deux tiers de l’assistance. Pour Pierre Pessemesse, le représentant de Sivergues (Vaucluse) au sein du PNR du Luberon et « propriétaire forestier de 300 hectares », le projet « n’a pas beaucoup d’impact. Il y a trop de bois, on peut prélever ». « Les déchets verts sont un problème pour beaucoup de nos territoires. La centrale apporte des solutions pour leur gestion », pense Bénédicte Martin, conseillère régionale (LR) du Vaucluse et représentante au PNR du Luberon. Ces deux interventions sont applaudies par l’autre tiers de l’assemblée. « Les critiques sont mesurées. Si nous avions écrit ce protocole, il ne serait pas celui-là, dit Paul Corbier, représentant de Saint-Julien-du-Verdon et vice-président du parc, en guise de résumé du débat. Mais après le clash entre la région et les parcs, le dialogue est renoué. Certes, le protocole n’est pas satisfaisant à 100%, mais je voterai pour, comme vote d’approbation de notre président », semble-t-il se satisfaire. Malgré les désapprobations marquées, la décision rendue par les votes engage les parcs dans le protocole : à l’unanimité moins 5 abstentions du côté du Verdon ; 31 pour, 11 contre et 7 abstentions pour le Luberon. « Il est évident que nous aurons un regard vigilant. Je m’engage à assurer que le protocole soit assumé, c’est un message pour la région et pour Uniper », avertit le président du PNR du Verdon en guise de conclusion.

Le passage en force de la région est à comprendre aussi dans un contexte où les exécutifs régionaux de droite mènent des politiques antiécologistes et lâchent les associations environnementales. À l’image d’un Laurent Wauquiez, chef de file des Républicains, qui se fait pilote en la matière dans sa région Auvergne — Rhône-Alpes. « C’est une offensive généralisée contre les PNR, que la droite n’aime pas », commente Nicholas Bell, de l’association SOS Forêt du Sud.

À Gardanne, la cheminée de la tranche biomasse fume en continu depuis plusieurs jours. « Nous en sommes à la phase finale des tests. Nous avons déjà fourni de l’électricité au réseau. La mise en service est prévue pour les prochaines semaines », explique Jean-Michel Trotignon. « La forêt de Provence ne tiendra pas le choc. Si l’étude d’impact est bien faite, elle remettra en cause l’autorisation d’exploitation », juge Martine Vallon, de FNE 04. La fédération des Alpes-de-Haute-Provence poursuit les actions en justice. Tout comme, notamment, l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP), animée par les riverains de la centrale. Début 2018, l’appel ouvrira le jugement sur le fond du dossier.
________________________________________
Les présidences des parcs du Luberon et du Verdon n’ont pas souhaité que Reporterrephotographie la réunion du comité syndical spécial tenu à Valensole le vendredi 29 septembre.
Source : https://reporterre.net/Face-au-chantage-aux-subventions-les-parcs-regionaux-acceptent-la-centrale-de



Nicolas Hulot fait appel en faveur de la centrale biomasse de Gardanne

(7 juillet 2017)
________________________________________
Le préfet des Bouches-du-Rhône l’a annoncé ce matin en séance plénière du conseil régional : le ministre de la transition écologique souhaite faire appel de la décision du tribunal administratif empêchant l’exploitation de la centrale biomasse de Gardanne. Nicolas Hulot soutient ainsi le recours qu’avait déjà déposé Uniper,l’exploitant de la centrale. Un soutien qui fait suite à l’annonce hier de la fin des centrales à charbon voulue d’ici à 2022 par le ministre, et qui touchera Uniper dans cet autre pan de son activité.

La décision datée du 8 juin annulait l’autorisation préfectorale d’exploitation de la centrale. Le tribunal administratif estimait que les études d’impact de la future tranche biomasse (fonctionnement au bois de récupération et bois d’origine forestière) étaient insuffisantes concernant la pression sur la forêt méditerranéenne et sur le niveau d’émission de particules fines dans l’atmosphère. La centrale dispose actuellement d’une autorisation d’exploitation provisoire.
Source : https://marsactu.fr/bref/nicolas-hulot-appel-faveur-de-centrale-biomasse-de-gardanne/


La justice annule l’autorisation de la centrale biomasse de Gardanne

(9 juin 2017) / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)

La justice confirme les critiques des opposants à la centrale biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône). Le tribunal administratif de Marseille a annulé l’arrêté préfectoral d’exploitation de la centrale ce jeudi 8 juin. Mais la préfecture autorise la poursuite de l’exploitation.

Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondance
Les hasards de calendriers font parfois bien les choses. Ce jeudi 8 juin, le tribunal administratif de Marseille a prononcé l’annulation de l’autorisation préfectorale d’exploitation pour l’unité biomasse de la centrale thermique de Provence, située à Gardanne. À Essen, en Allemagne, se tenait au même moment l’assemblée générale des actionnaires d’Uniper, société propriétaire du site des Bouches-du-Rhône. Présent au siège de l’énergéticien, Nicholas Bell, de SOS Forêt du Sud, a « annoncé la nouvelle aux 1.200 actionnaires réunis », dit-il à Reporterre. Il représentait 80 petits actionnaires décidés à porter la contestation au cœur même d’Uniper. « C’était important que tout le monde entende en quoi ce projet est un problème pour le climat », expose le militant.
Autorisée en 2012, l’exploitation de la biomasse comme source d’énergie pour la production d’électricité devait démarrer à Gardanne fin 2014. Mais les exploitants, E.ON puis Uniper, n’ont eu de cesse de repousser la date de mise en service. Officiellement parce que la période d’essais avait besoin de se poursuivre. Initialement au charbon, la tranche 4 de la centrale est en cours de transformation pour brûler du bois.
Municipalité et section CGT de la centrale y voient la possibilité de maintenir près de 80 emplois. Quant aux opposants, ils dénoncent une « biomascarade », soulignant les risques de pollutions et de nuisances et le lourd impact environnemental sur la forêt. Une fois la chaudière allumée, elle aurait besoin de 850.000 tonnes de bois par an. Une ressource qu’Uniper espère récolter à terme dans un rayon de 400 kilomètres autour de la centrale. Mais cette charge « industrielle » mettrait en danger l’équilibre de la forêt, selon les opposants.

Manifestation contre la centrale en février 2017
Le tribunal administratif a été saisi par un regroupement d’associations dont France nature environnement Paca (FNE Paca) ainsi que par les parcs naturels régionaux du Luberon et du Verdon, et par des communes des Alpes-de-Haute-Provence. Tous affirmant que l’étude d’impact et l’enquête publique ont sous-estimé l’effet sur l’environnement de la centrale. Lors de l’audience du 27 avril, le rapporteur public a de même demandé l’annulation de l’autorisation préfectorale, au regard de l’insuffisance de l’étude d’impact. Largement sous-dimensionnée, cette expertise n’a porté que sur un périmètre de 3 kilomètres autour de la centrale, ignorant l’ensemble de la zone d’approvisionnement. Jusqu’à présent, l’exploitant, suivi par les pouvoirs publics, considérait que ces effets ne relevaient pas de sa responsabilité mais de celle des fournisseurs.
Les juges ont donc suivi l’analyse du rapporteur public. « Cette insuffisance de l’étude d’impact […] a eu pour effet de nuire à l’information complète de la population à l’occasion de l’enquête publique, en ce qu’elle occulte un point essentiel de l’impact du projet sur l’environnement ; qu’elle a également eu pour effet de nuire à l’analyse par l’administration de l’impact du projet en cause », tranche la décision de justice.
• Télécharger le jugement : (27 avril 2017)
https://reporterre.net/IMG/pdf/decision_du_tribunal_sur_l_autorisation_d_exploitation_de_la_centrale_uniper.pdf

Me Mathieu Victoria, l’avocat des requérants, considère qu’il s’agit d’une « excellente décision »,qui atteste « du point de vue du droit de la nécessité de prendre en compte les effets indirects ». Sophie Bourges, de FNE Paca, partage cette analyse : « C’est une avancée en termes de jurisprudence qui pose des jalons pour une prise en compte des impacts indirects et de l’information du public sur un territoire approprié. »
Reste à savoir si Uniper fera appel de la décision. La société a deux mois pour saisir la cour administrative d’appel. Pour l’heure, impossible de savoir ce qu’il en sera. Uniper se refuse à tout commentaire dans la presse. À Essen, ses dirigeants n’ont pas répondu sur ce point à Nicholas Bell. En attendant, les activités de la tranche 4 doivent s’arrêter. Si Uniper ne fait pas appel ou si la justice confirme la décision, il faudra recommencer le processus avec une nouvelle étude d’impact et une nouvelle enquête publique.


Du côté des salariés, cette situation fait craindre une fermeture totale du site. Contactée, la section CGT de la centrale n’a pas répondu à Reporterre, mais Nadir Hadjali, secrétaire général adjoint de la CGT du site, a déclaré à l’AFP : « On est d’accord pour que l’aspect environnemental soit pris en compte, mais qu’on nous parle de fermeture, là, on n’est plus d’accord. » Le syndicaliste souhaite « une dérogation ou un permis d’exploitation provisoire » de la part de l’État. A contrario, l’opposant historique et associé au recours juridique Jean-Luc Debard a indiqué que l’« on peut créer beaucoup plus d’emplois en valorisant mieux le bois, comme bois d’œuvre ou laine de bois plutôt que de cramer du bois pour rien ».
La décision de justice pourrait également retentir sur les législatives dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, celle de Gardanne. Dans un jeu d’équilibriste, le député sortant, élu avec l’étiquette EELV, François-Michel Lambert, désormais candidat la République en marche !, déclare à l’AFP que « le groupe [Uniper] a voulu forcer les lois françaises », tout en faisant part de ses inquiétudes pour les salariés. Pour Rémy Carrodano, actuel candidat EELV, c’est « une victoire de la raison ». Il est l’artisan du Collectif Vigilance gaz de Gardanne-Pays d’Aix, l’une des associations à l’origine du recours.
Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, reste quant à lui prudent. En visite ce jeudi 8 juin à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), sur des terres directement concernées par l’approvisionnement de la centrale, il a indiqué à La Provence attendre « des évaluations plus précises pour ne pas prendre de décisions brutales et définitives. Mes convictions ne changent pas mais quand on est ministre, on doit aussi prendre en compte les aspects sociaux et économiques ».
________________________________________
Actualisation samedi 10 juin – Uniper, l’exploitant du site, a annoncé vendredi 9 dans un communiqué sa volonté de faire appel. L’entreprise qui « exprime sa surprise » à propos de la décision, considère que l’étude d’impact « a été réalisée conformément aux textes applicables et comporte bien une analyse de l’état initial et des effets indirects du projet sur le site et de son environnement ».
Ce même vendredi, la préfecture des Bouches-du-Rhône a accordé un sursis à l’énergéticien, argumentant des « enjeux liés à l’activité de la centrale de Provence pour l’économie locale et régionale et notamment les emplois générés par cette activité ». L’arrêté préfectoral demande de régulariser la situation administrative de la centrale. Uniper dispose d’un mois pour faire une nouvelle demande d’exploitation en préfecture ou pour cesser ses activités sur place. Neuf mois lui sont accordés pour déposer un dossier de nouvelle demande. Délai durant lequel la poursuite de la phase de test de l’unité biomasse pourra se poursuivre.
Télécharger l’arrêté préfectoral : (9 JUIN 2017) Arrêté préfectoral du 9 juin.
https://reporterre.net/IMG/pdf/arre_te_pre_fectoral_du_9_juin_2017.pdf

Source : https://reporterre.net/La-justice-annule-l-autorisation-de-la-centrale-biomasse-de-Gardanne


RENAUD MUSELIER S’INDIGNE DE L’ANNULATION DU PERMIS D’EXPLOITATION DE LA CENTRALE BIOMASSE DE GARDANNE

(08/06/2017)

Communiqué de presse
Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, député européen, a appris avec stupeur la décision du tribunal administratif de Marseille d’annuler l’autorisation d’exploitation de la centrale UNIPER biomasse de Gardanne :

« Je suis effaré par cette décision qui met en péril tout un pan de l’industrie économique régionale. Ce sont plus de 400 emplois à terme sur notre territoire qui sont ainsi menacés, un investissement de 300 millions d’euros qui est remis en cause et les 65 millions d’euros du plan d’approvisionnement qui échapperaient à nos entreprises régionales.

D’ici à 2025, cette centrale doit nous permettre d’assurer une production équivalente à l’approvisionnement d’un quart des ménages de la région en électricité verte. C’est un élément essentiel à la stratégie énergétique que nous mettons en place pour préserver notre qualité de vie et inscrire la production industrielle de Provence-Alpes-Côte d’Azur dans un développement durable.

Je rappelle que la semaine dernière, la décision de Donald TRUMP de se retirer des accords de Paris sur le climat était unanimement condamnée. Aujourd’hui, personne ne peut comprendre cette décision de justice qui s’avèrera, si elle était confirmée en appel, être une catastrophe économique et environnementale mais aussi une faute morale impardonnable.

Provence-Alpes-Côte d’Azur, doit demeurer la vitrine mondiale des accords de Paris. Je me battrai pour cela.

J’apporte donc tout mon soutien au Préfet de Région qui souhaite faire appel de cette décision.

J’ajoute que parmi les requérants qui ont porté plainte contre l’Etat en 2015, figurent trois structures financées par la Région. Il va de soi que nous ne pourrions pas continuer à accompagner des structures qui prendraient une position contraire à celle de la Région sur un projet d’une telle importante pour notre avenir collectif.

Il est temps que chacun se ressaisisse et comprenne que l’écologie n’est ni une doctrine ni une idéologie mais doit être mise au service de l’économie pour faire de la croissance verte un atout et faire gagner la France ».
Source : http://www.renaudmuselier.fr/region/renaud-muselier-sindigne-de-lannulation-du-permis-dexploitation-de-la-centrale-biomasse-de-gardanne/


La justice annule l’autorisation d’exploitation de la centrale biomasse de Gardanne

(8 juin 2017)
________________________________________

La centrale biomasse de Gardanne sera-t-elle mise en service un jour ? Le tribunal administratif a annulé ce jeudi l’autorisation d’exploitation délivrée par le préfet en 2012, pour cette chaudière géante qui était encore en cours de test.
Saisie par plusieurs parcs naturels régionaux et des associations, la justice a estimé que l’étude d’impact de l’industriel Uniper ne prenait pas suffisamment en compte les effets de l’approvisionnement important en bois nécessaire afin d’alimenter la centrale, la plus grande de France. « Cette insuffisance de l’étude d’impact, qui revêt un caractère substantiel, a eu pour effet de nuire à l’information complète de la population à l’occasion de l’enquête publique, en ce qu’elle occulte un point essentiel de l’impact du projet sur l’environnement ; qu’elle a également eu pour effet de nuire à l’analyse par l’administration de l’impact du projet en cause », cinglent les juges.
DOCUMENT

Le jugement du tribunal administratif
Il s’agit d’un des enjeux de débat forts de la campagne des législatives dans la 10e circonscription, sur un site où plane la menace d’une fermeture des tranches fonctionnant au charbon. Soutenu financièrement par l’État dans le cadre d’un appel à projets lancé en 2010 par le ministre de l’Industrie et de l’Énergie, ce projet a rapidement rencontré une vive opposition d’élus locaux, dont le député François-Michel Lambert, auteur d’un rapport parlementaire sur la biomasse. Rémy Carrodano, président du Collectif Vigilance Gaz de Gardanne-Pays d’Aix, l’une des associations porteuses du recours victorieux, est par ailleurs candidat sous l’étiquette EELV …
Source : https://marsactu.fr/bref/justice-annule-lautorisation-dexploitation-de-centrale-biomasse-de-gardanne/

La centrale à biomasse de Gardanne est un contre-sens écologique, selon les opposants

(4 février 2017) / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)

La centrale thermique de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, est adaptée pour fonctionner avec du bois, encouragée par les subventions. Pourtant, les opposants au projet n’y voient aucun caractère écologique : sa colossale consommation de bois va déstructurer les filières locales, multiplier les trajets en camion et les émissions de polluants dans l’atmosphère. Ils manifesteront leur désaccord sur place dimanche 5 février.
• Actualisation – Lundi 6 février 2017 – Plusieurs centaines de personnes ont manifesté sous la pluie, à Gardanne, contre la centrale à biomasse. Voir le récit détaillé ici.
________________________________________
• Gardanne (Bouches-du-Rhône), correspondance
Dimanche 5 février, les opposants à la centrale biomasse de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, convergeront des Hautes-Alpes, du Verdon, du Luberon, des Cévennes… comme ils l’avaient fait en octobre 2014, dans l’ancienne ville minière: https://reporterre.net/Manifestation-contre-la-desastreuse-centrale-a-biomasse-de-Gardanne.

C’est une longue histoire. À la centrale thermique de Provence, jusque-là intégralement alimentée au charbon, la tranche 4 doit être transformée pour brûler du bois. En 2011, le Grenelle de l’environnement avait consacré le développement de la biomasse. L’État proposa de financer des centrales électriques dont le combustible se constitue de bois et de végétaux. E.ON, alors troisième acteur mondial de distribution d’énergie, saisit l’occasion pour proposer la mutation d’une unité de sa centrale située à proximité d’Aix-en-Provence. 1,5 milliard d’euros d’aides publiques sur 20 ans lui étaient promis au passage. La municipalité (PCF) de Gardanne et la section CGT de la centrale ont soutenu le projet, et continuent de le faire, au nom de la défense des emplois. Uniper, d’abord filiale d’E.ON avant d’être indépendante en 2016, a récupéré la gestion de l’opération. Celle-ci est présentée comme écologique au motif que le bois constitue une source d’énergie renouvelable. Une affirmation qualifiée de « biomascarade » par les opposants, qui dénoncent l’origine et les volumes des approvisionnements comme véritables menaces pour la forêt, mais aussi les pollutions du transport et de l’incinération.
De gros consommateurs qui poussent à l’industrialisation de la forêt
Les Hautes-Alpes, le Verdon, le Luberon, les Cévennes font partie d’une zone d’approvisionnement jugée comme prioritaire par Uniper. La ressource en bois sollicitée est monumentale. 850.000 tonnes par an, « soit 2.300 tonnes par jour », selon les calculs de Claude Calvet, de SOS forêts du Sud. Le collectif craint que cette masse pèse sur la forêt méditerranéenne déjà fragile, peu productrice et soumise à d’autres sollicitations : 150.000 tonnes annuelles pour la centrale de Pierrelatte (Drôme), 180.000 pour le projet Innova à Brignoles (Var) et 1,2 million pour la papeterie de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Autant de gros consommateurs qui poussent à l’industrialisation de la forêt.

« Ces installations très consommatrices de bois se sont installées dans une région qui en produit peu et mal. Nous ne sommes pas dans le Jura ! » dit au journal Le Ravi Jérôme Dubois, professeur à l’institut d’urbanisme et d’aménagement d’Aix-en-Provence.
Face au projet gardannais, la région Paca (avant qu’elle ne soit dirigée par la droite, en 2016), le département des Alpes-de-Hautes-Provence, les parcs naturels régionaux du Luberon et du Verdon, 9 communautés de communes et 41 communes des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes s’opposent ou émettent des réserves. Concerné par une fourniture de 35.000 tonnes par an, le Parc national des Cévennes se pose cependant en partenaire d’Uniper. Par le projet Cevaigoual, porté par le Centre régional de la propriété forestière (CRPF) et adoubé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le Parc entend « favoriser la valorisation des ressources forestières là où elles sont sous-exploitées, pour alimenter la filière bois, notamment les réseaux de chaleur et les chaudières à bois ». Priorité est donnée aux chaufferies locales avant que d’autres chaudières plus grosses et plus éloignées, comme celle d’Uniper, viennent se servir.


L’approvisionnement prévu de la centrale.

Janine Bourrely, propriétaire forestière à Saint-Jean-du-Gard et présidente du CRPF, y voit un chance pour la revalorisation de la châtaigneraie malade. De nombreuses parcelles contiennent une part trop importante de bois mort. « Reboiser coûte trop cher, 5.000 à 6.000 euros l’hectare »,plaide-t-elle. Uniper apparaît comme « une start-up qui offre la possibilité au propriétaire forestier de reboiser durablement en achetant le bois mort », dit-elle.
Mais le collectif SOS forêt Cévennes estime que l’initiative est une porte ouverte au remplacement des châtaigneraies par des plantations valorisant des arbres à croissance rapide pour les besoins de l’industrie. « La question est de savoir quand et comment couper, nuance Jacques Rutten, président de l’Association Causses-Cévennes d’action citoyenne (Accac), parce que les sous-bois ont tendance à devenir impénétrables par manque d’exploitation forestière : certains ruisseaux ne coulent plus et la biodiversité s’appauvrit. »
Pour démarrer, l’entreprise Uniper entend se fournir pour 55 % à l’importation. Le reste venant d’un rayon de 400 kilomètres autour de la centrale. 43 % de cette fourniture « locale » sera forestière. Les 57 % restant seront du déchet vert, des résidus de l’agriculture et autres bois résidus de l’industrie et de la consommation des particuliers. Pour cette dernière catégorie, Veolia se porte fournisseur à hauteur de 6 % du volume total. Puis le « 100 % local » sera atteint au bout de 10 ans, assure Uniper.

Un système sophistiqué de blanchiment permet au bois de rejoindre les circuits commerciaux légaux
Pour l’heure, la chaîne d’approvisionnement étant confiée à une forêt de sous-traitants, il est extrêmement difficile d’obtenir des informations précises. Contacté, Uniper n’a pas souhaité répondre à Reporterre. Dans les Cévennes, « aucune coupe n’a démarré pour fournir la centrale »,dit Janine Bourrely. En janvier 2016, le Silver Pegasus, cargo battant pavillon panaméen, a livré 39.000 tonnes de bois transformé en provenance du Brésil. Uniper assure ne se fournir que de bois certifiés PEFC ou FSC. Deux labels qui sont critiqués pour leur laxisme et leur manque de contrôle, comme en témoigne l’émission de France 2 Cash Investigation du 24 janvier, ou les analyses du magazine Lutopik (http://www.lutopik.com/article/les-forets-certifiees-sont-elles-durables-FSC-PEFC) ainsi que de Télé Millevaches (http://telemillevaches.net/videos/pefc-le-label-qui-cache-la-foret/).


Le « Silver Pegassus », battant pavillon panaméen, a livré du bois en provenance du Brésil pour la centrale Uniper de Gardanne en janvier 2016.

En outre, dans les résultats d’une enquête menée de 2012 à 2014, (https://www.greenpeace.fr/crise-silencieuse-de-lamazonie-n1/) Greenpeace affirme que l’écoulement de bois illégal au Brésil représente une part énorme des exportations : 54 % du total pour l’état du Mato Grosso et jusqu’à 75 % au Pará, principale région productrice d’Amazonie. Un système sophistiqué de blanchiment permet au bois de rejoindre les circuits commerciaux légaux. Ce qui n’empêche pas Uniper d’affirmer à la Provence que « cette cargaison répond aux normes de gestion forestière durable, au règlement bois de l’Union européenne et à la réglementation phytosanitaire française ». Malchance ou prémonition, le stock est parti en fumée dans les incendies de l’été de la région marseillaise.
Cet incendie n’est pas une exception. Début août 2016, les flammes ont ravagé le parc de stockage de la papeterie de Tarascon. Attisées par un fort mistral, elles ont consumé 20.000 tonnes de bois et menacé des habitations. Sur le même site, des incendies s’étaient déjà produits, avec 10.000 tonnes de bois disparus en 2009 et 27.000 tonnes en 2012. À Gardanne, centrale et zone de stockage se situent en zone urbanisée.
La pollution atmosphérique due à l’activité de la centrale constitue un autre péril pour les riverains. À la demande d’Uniper, l’impact a été modélisé par Air Paca. Les particules PM10, mises en cause dans la pollution urbaine cet hiver, constituent « le polluant qui présente les concentrations les plus élevées », analyse l’association régionale de surveillance de la qualité de l’air. La zone de stockage et ses abords immédiats sont affectés par « le réenvol de grosses particules sous l’effet du vent »,précise Air Paca. Pour celles qui viendraient de la combustion, Uniper rassure par la mise en place de filtres à particules et grâce à ses hautes cheminées : « Les émissions de la centrale thermique, situées en hauteur, sont peu perceptibles au niveau du sol », affirme Air Paca. « Mais à mesure que les fumées refroidissent, les particules descendent. Elles peuvent se déposer 20 kilomètres plus loin », expose Bernard Auric, ancien directeur de la centrale, aujourd’hui à la retraite. Désormais président de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP), il s’inquiète de la diffusion de particules fines « qui entrent dans le sang et dans les poumons ». Son association a été fondée en 2003 par des habitants de Meyreuil, village jouxtant la centrale, principalement pour faire reconnaître la pollution des poussières de charbon. « Le linge que vous mettiez à sécher dehors ressortait noir », raconte Bernard Auric. Aujourd’hui, l’association tente d’alerter les pouvoirs publics sur les nouveaux rejets de polluants dus à la biomasse.

Les pollutions de l’usine Uniper documentées par l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution.
https://reporterre.net/IMG/pdf/5_planches_photos_pollutions_uniper_2016.pdf

La modélisation d’Air Paca ne dit rien des taux de CO2 relâchés dans l’atmosphère et ne prend pas en compte les rejets des camions venus livrés. « Près de 200 par jour », selon Jean Ganzhorn, ingénieur en énergie et membre de SOS forêt du Sud. 40 autres camions sortiront les cendres quotidiennement, selon le site Marsactu (https://marsactu.fr/la-centrale-de-biomasse-enfouira-70-000-tonnes-de-cendres-par-an-sur-un-ancien-terril/). Si Uniper entend valoriser une partie des 220.000 tonnes annuelles produites dans des produits du BTP, il en restera 70.000 tonnes par an, que l’industriel espère stocker sur l’ancien terril minier de Bramefan, dans la commune voisine de Fuveau. Une enquête publique s’est achevée le 20 janvier à ce sujet. Il appartient désormais à la préfecture de se prononcer pour savoir si Uniper pourra se servir du site comme décharge. Uniper et la mairie de Fuveau se veulent rassurantes sur les usages futurs du site. Imperméabilisation des bassins de stockage, cendres mouillées pour éviter les poussières toxiques sont annoncées en réponse aux inquiétudes des riverains.


Stock de bois à proximité de la centrale.

Par voie de presse, Uniper annonçait le démarrage de la biomasse à la fin de l’année 2016. Officiellement, la phase d’expérimentation se poursuit. « Au nom du maintien de 80 emplois directs, on défend une installation du XXe siècle fondée sur une logique d’économie minière, interpelle Jean Ganzhorn, alors que l’on pourrait créer près de 200 emplois avec un projet bien plus efficace énergétiquement, valorisant mieux la biomasse et consommant beaucoup moins de bois. »
Dans le scénario de l’ingénieur, le bois serait utilisé en priorité comme matériau permettant la production énergétique (construction d’éoliennes) ou les économies d’énergie (fibres de bois pour l’isolation). Une proposition qui pourrait bien séduire Janine Bourrely. « Plutôt qu’une chaudière, ce qui est plus intéressant, c’est d’aider à l’isolation par la laine de bois », juge-t-elle.
En attendant la mobilisation de dimanche, Jean Ganzhorn reste catégorique sur le non-sens du projet d’Uniper : « Les Bouches-du-Rhône sont le département le plus ensoleillé et le plus venteux de France et on y fait une centrale biomasse plutôt que d’y développer solaire et éolien ! »

Source : https://reporterre.net/La-centrale-a-biomasse-de-Gardanne-est-un-contre-sens-ecologique-selon-les


La centrale de biomasse enfouira 70 000 tonnes de cendres par an sur un ancien terril

(27 décembre 2016)
Par Clémentine Vaysse

La centrale biomasse de Gardanne espère obtenir l’autorisation de l’État de stocker ses cendres sur un ancien terril à Fuveau. 70 000 tonnes de déchets de combustion, bien différents de la cendre domestique, doivent être enfouis annuellement.

Pas de fumée sans feu. Mais pas de feu sans cendres non plus. La partie biomasse de la centrale de Gardanne, qui doit produire de l’électricité à partir de bois et de déchets « verts », en engendrera, à plein régime, 220 000 tonnes par an soit plus de 40 camions de 15 tonnes par jour. Si l’exploitant Uniper (ex-EON) assure parvenir à en « valoriser » une bonne partie, en la vendant notamment pour qu’elles soient réutilisés dans le BTP (ciment), une partie lui reste sur les bras. Il a donc demandé au préfet l’autorisation de « stocker » – comprendre enfouir – 70 000 tonnes de cendres par an sur un ancien terril situé à quatre kilomètres de la centrale électrique, sur la commune de Fuveau.
Sans communication particulière de la part de la préfecture, une enquête publique sur le projet a été ouverte lundi dernier et court jusqu’au 20 janvier, comme le relevait La Provence jeudi. En parcourant les documents mis à disposition, on découvre que la question de la gestion des déchets de la centrale biomasse est loin d’être aussi anodine que l’on ne pourrait le penser de prime abord.

UN ANCIEN TERRIL RACHETÉ

Vue aérienne du terril. Au sud, les panneaux solaires. Les cendres seront enfouies dans la partie grise au nord-est

Si la partie biomasse de la centrale, encore en test à l’heure actuelle, a fait parler d’elle jusqu’à maintenant, c’est avant tout sur l’origine des bois qu’elle compte brûler. Ce sont principalement des plaquettes de bois du Brésil qui arrivent par bateau à Fos. Mais la centrale a sa propre décharge industrielle depuis une bonne dizaine d’années. Son exploitant a racheté 48,4 hectares au lieu-dit Bramefan à Fuveau. Ces terrains appartenaient à feu Charbonnages de France, qui exploitait les mines et y a érigé des terrils. Avant de partir, l’entreprise avait couvert une partie des terrils et revégétalisé une partie de l’espace.
Une grande ferme photovoltaïque en exploitation recouvre aujourd’hui la partie sud du site. C’est sur la partie nord, encore à nu, qu’Uniper espère stocker ses cendres pendant 30 ans. Impossible, hélas, d’avoir des explications de la société sur les modalités de traitement de ces cendres et leur composition. Cette dernière n’a pas accepté de répondre à nos questions. Toujours est-il que si l’on en croit les différents documents publiés, ce ne sont pas vraiment les mêmes cendres que celles de votre cheminée.

STOCKAGE EN BASSIN ÉTANCHE
Différents documents nous apprennent que l’entreprise a en réalité déjà amené sur le site depuis 2005 des cendres issues de sa centrale à charbon dont du « coke de pétrole », résidu de fabrication des raffineries utilisé comme combustible. Le préfet l’a d’ailleurs mise en demeure il y a peu de régulariser ses autorisations sur le site, qui ne lui permettaient pas de procéder à de tels dépôts. Aujourd’hui, Uniper se propose, comme l’explique le dossier de demande d’autorisation « d’achever l’exploitation de la partie Nord-Est du terril, démarrée en 1998, pour lui donner un modelé définitif préalable à son aménagement et à sa bonne intégration dans le paysage ». L’adjoint à l’aménagement de la ville de Fuveau, Daniel Gouirand, semble d’ailleurs convaincu par le projet : « Nous avons eu toutes les garanties de l’État, commente t-il. Le principal risque c’était les poussières et la question ne se pose plus car les cendres seront mouillées au préalable ». Rappelant son propre passé dans l’industrie du charbon, il ne peut s’empêcher d’ajouter que des emplois à la centrale sont en jeu. Si la commune n’a pas encore voté officiellement d’avis favorable au projet dans le cadre de l’enquête publique, on sent bien qu’elle ne s’opposera pas au centre de stockage, loin de là.
De fait, les cendres, qui sont censées arriver en camion-citerne, seront stockées dans des bassins aménagés au fur et à mesure. Leur étanchéité est assurée, apprend-on dans les explications techniques du dossier, par de l’argile et des membranes géotextiles, un isolant synthétique.


Schéma issu de l’étude de dangers. La zone verte représente les cendres qu’Uniper compte enfouir
Le remplissage se fera au fur et à mesure, en montant « en lasagnes ». À terme, écrit Uniper dans sa demande, la surface totale de stockage sera de 8 hectares. Si ce sont de simples cendres, répondrez-vous, pourquoi les stocker avec de telles précautions ? L’affaire n’est pas si simple car la centrale ne brûlera pas que du bois issu de forêts mais aussi du bois recyclé, qui peut avoir été traité, comme le sont par exemple les meubles en kit. La Dreal, direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, confirmait d’ailleurs à la Provence en marsla présence de métaux lourds dans ces déchets, « mais en quantités suffisamment faibles pour qu’elles soient classées en déchets non dangereux ».
Examinant le contenu et la toxicité potentielle de ces cendres, l’institut national de l’environnement industriel et des risques, bien que donnant un feu vert, restait dans son rapport relativement prudent : ‘La principale difficulté rencontrée pour l’évaluation de ces propriétés, est-il expliqué, est que cette installation n’est pas encore en service ». L’organisme d’État précise d’ailleurs qu’il a travaillé « à partir d’éléments fournis par EON » et que les « résultats seront à confirmer ». Il ne se prononce pas, parmi les quinze critères de définition de danger des substances, sur l’écotoxicité et le caractère potentiellement « sensibilisant » des cendres, c’est-à-dire susceptible de provoquer une hypersensibilité respiratoire, « faute de matériaux disponibles ».

« PAS COMPARABLE AUX BOUES ROUGES »
Les explications rassurantes de la ville et d’Uniper ne convainquent pas Gérard Mondino, qui possède une grande propriété voisine du terril de Bramefan. « On s’est battus il y a 30 ans contre les poussières des terrils et maintenant on découvre qu’ils veulent mettre des cendres », déplore t-il. À l’époque du charbon, une partie de sa propriété, qui fût après- guerre un élevage de volaille monté par son père, avait été expropriée par les houillères de France. « J’ai dit au commissaire-enquêteur la semaine dernière qu’il y avait une grosse différence entre ce qui est écrit et ce qui va se passer en pratique. Nous avons donné tout un dossier avec des arguments sur les poussières. Ils feront comme d’habitude, arroser au fur et à mesure. » Il explique s’être même rapproché d’un avocat au début du mois mais avoir fini par abandonner la piste d’un recours pour le moment.
Si la question des poussières est écartée très vite dans le dossier de l’enquête publique, au motif que les cendres seront mouillées, l’Agence régionale de santé (ARS) a, elle, soulevé la problématique dans l’avis qu’elle a formulé sur le futur centre de stockage, rapporté par l’autorité environnementale. Elle estime que « ce projet est acceptable sous réserve de la mise en œuvre des mesures de réduction d’impact et des programmes de surveillance annoncés dans le dossier notamment : les dispositions visant à éviter ou réduire les émissions atmosphériques (couverture progressive des alvéoles de stockage, arrosage des pistes, talus enherbés, etc…) ». À la mairie de Fuveau, on ne voit pas matière à polémique. « Je ne comparerais pas ce dossier aux boues rouges », avance spontanément Daniel Gouirand. Ces précautions ne sont pourtant pas sans rappeler celles sur le site de stockage à terre d’Alteo à Mange-Garri.
Source : https://marsactu.fr/la-centrale-de-biomasse-enfouira-70-000-tonnes-de-cendres-par-an-sur-un-ancien-terril/


La centrale à biomasse de Gardanne menace les forêts cévenoles

(2 septembre 2013)

La compagnie E.ON veut mettre en fonctionnement une grande centrale électrique à biomasse, à Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône. Mais il faudra aller chercher loin le bois lui servant de combustible. La menace est forte d’industrialiser la forêt cévenole, dans le Gard et en Lozère, selon IACAM.
________________________________________
E.ON, entreprise allemande, 3e groupe mondial du secteur de la distribution d’énergie [1], a reçu l’autorisation de reconvertir la centrale thermique de Gardanne (Bouches-du-Rhône) en centrale à biomasse. Ce projet, largement soutenu par l’État au travers d’un contrat d’approvisionnement sur vingt ans, constitue le plus important en France dans le domaine de l’énergie biomasse à ce jour
Pour autant le gain énergétique, au regard de l’investissement pharaonique (230 millions d’euros pour E.ON [2]), n’est pas concluant [3] et le projet est contesté dans sa faisabilité [4]. Le fort soutien qu’apporte l’État à cette occasion s’explique par le souci de préserver des emplois sur le site de Gardanne, car E.ON avait affiché sa
volonté de se séparer de toutes ses centrales thermiques en France [5] (cinq au total).
Plutôt que d’assumer socialement les conséquences de sa stratégie, et d’éventuellement re-déployer son personnel sur d’autres activités, l’entreprise envisageait des départs anticipés et licenciements – peu de reclassements. Rien de très étonnant : alors que son chiffre d’affaire a été multiplié par 420% [6] (120 milliards d’euros en 2012) en dix ans, le groupe s’est délesté de 20% de son personnel (soit 20 000 personnes) entre 2002 et 2006 [7] .
E.ON affiche aujourd’hui une volonté de promouvoir les énergies durables, ce qui n’a pas toujours été le cas : en 2008 le groupe était le second pollueur européen en terme d’émission de CO2.
L’entreprise s’est aussi rendue célèbre avec la deuxième plus grosse amende de l’histoire de l’U.E.en 2009 pour entente illicite (533 millions d’euros) : GDF et E.ON s’étaient entendus pour se partager la distribution du gaz russe en France et en Allemagne, en s’assurant que chacun ne viendrait pas piétiner les plate-bandes économiques de l’autre (en d’autres mots : pas de concurrence) [8].

La centrale à biomasse et ressources forestières
Pour faire fonctionner la centrale de Gardanne, qui doit être opérationnelle en 2014, E.ON a besoin de bois, de beaucoup de bois [9] : entre 800 000 et 1 million de tonnes annuelles. L’État a conditionné son aide à l’impératif de développer les filières bois régionales (dans un périmètre de 400km), et dans un premier temps, 50% de
l’approvisionnement en bois doit provenir des régions voisines.
E.ON affiche que son projet consommera principalement des déchets verts, des
résidus de plans DFCI, et des bois inutilisables à d’autres fins. En vérité, le bois de coupe représente plus de 80% du combustible biomasse et le groupe a un besoin primordial de ressources forestières, c’est-à-dire d’aller chercher du bois sur pied dans les forêts.
Au démarrage du projet donc, et selon les estimations d’E.ON, 50% de la ressource forestière nécessaire sera issue de l’importation de bois venant de l’étranger – où des forêts seront abattues pour être brûlées à Gardanne. Les 50% restants, soit 311 000 tonnes, vont être recherchées principalement dans les régions PACA, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon. À l’horizon 2025, 100% de la ressource en bois devra être approvisionnée localement, soit 450 000 tonnes d’après E.ON.
Et la châtaigneraie cévenole ?
C’est donc dans le but de présenter ce projet à certains acteurs clés, institutionnels et économiques, des Cévennes gardoises et lozériennes, qu’E.ON est venu le 25 mars dernier à St Hyppolite du Fort (Gard).
E.ON a défini à cette occasion le sud-Lozère, le nord d’Alès, le pays Vigannais et la région d’Anduze-Quissac, comme « Zone d’Approvisionnement Prioritaire (ZAP) » de la centrale de Gardanne.
Parmi les essences forestières convoitées, le châtaignier se situe en tête de liste. En effet, de par son fort rendement calorifique, sa combustion générant peu d’encrassement, et sa forte représentation dans les espaces forestiers (1/3 de la forêt en basses Cévennes, soit 25 000ha [10]), le châtaignier représente une ressource attractive pour une centrale à biomasse.
Ainsi, selon les zones citées précédemment, les prévisions de quantité de bois à prélever varient entre 1 000-7 000 tonnes/an (fourchette basse) et 7 000-11 000 tonnes/an (fourchette haute). Toutefois, rien ne garantit que ces chiffres soient réalistes et, selon les opportunités, les quantités pourraient être nettement supérieures.
Ce que propose E.ON
L’entreprise ne prévoit pas de venir exploiter le bois directement, elle a ainsi besoin de sous- traitants pour négocier avec les propriétaires de parcelles boisées, effectuer les coupes, transformer, conditionner, stocker, et transporter le bois. E.ON incite donc les exploitants privés des Cévennes gardoises et lozériennes à s’équiper en prévision d’une exploitation industrielle du bois, et notamment de la châtaigneraie.
À cet effet, E.ON propose un appui à la recherche de financements permettant « l’innovation » : « araignées » forestières, ponts mobiles pour franchir des rivières, « mini-grumiers » et autres engins d’abattage [11] … l’attirail laisse rêveur quand on pense au patrimoine naturel préservé que représente actuellement les forêts cévenoles.

Ainsi les prestataires locaux seront amenés à faire des propositions à E.ON, et iront de leur côté démarcher les propriétaires forestiers. E.ON achètera le bois exploité non au tonnage ou au m3, mais au KW/h estimé.
Une opération « sous-marin » aux conséquences indéterminées
On peut en premier lieu s’étonner du silence dans lequel se déroule ce projet, dont les appels d’offres aux prestataires ont pourtant commencé en mai 2013.
E.ON a fait savoir lors de sa présentation qu’elle préviendrait les collectivités locales, mais les élus ne semblent absolument pas avertis du projet. Pas plus que les services de l’État : la DDT Lozère a appris le projet par voie indirecte.
Quelles seront les conséquences de la mise en route d’un tel projet pour la Région ? Personne ne peut le dire, surtout pas E.ON qui n’a mené aucune étude à ce sujet, comme le précise la Direction Régionale Environnement Aménagement Logement (DREAL) – PACA : « concernant l’approvisionnement en combustible biomasse (…), il requiert la prise en compte de l’évaluation des effets environnementaux indirects,
inhérents à ces exploitations. Il en va notamment des effets attendus sur le paysage et la biodiversité, ce qui n’est pas évalué ni analysé dans ce dossier (ndlr : le dossier du projet fourni par E.ON). » [12]
Enfin, si l’entreprise clame haut et fort la « durabilité » de ses actions, elle ne fait pas mention d’une quelconque stratégie en la matière : aucune incitation à la gestion durable des coupes, aucun projet de plantation après-coupe.
Pas plus que des impacts environnementaux et paysagers, E.ON ne fait guère cas de l’aspect patrimonial de la châtaigneraie. C’est sans doute ce qui l’amène à mentionner, en toute lucidité, parmi les difficultés identifiées : « perception initiale négative de notre projet ». Perception toute relative cependant, étant donnée la totale opacité de l’action et le cercle restreint d’acteurs informés.
Cette tentative de main-mise sur une ressource essentielle du territoire, par voie intermédiaire, ne joue pas en faveur d’E.ON : pourquoi une telle discrétion ? Sans doute parce que le projet d’exploitation aura bien des conséquences néfastes pour nos territoires.

La gestion de la forêt : un enjeu public
À l’échelle des territoires décrits et au vu de l’impact pressenti du projet, la gestion de la forêt ne saurait se résumer à une somme de contractualisations privées entre exploitants et propriétaires forestiers. Ce mode de fonctionnement amènerait nécessairement à une exploitation anarchique, au cas par cas, avec des impacts néfastes pour les paysages et la biodiversité, dont nous sommes fortement dépendants en terme de ressource économique (agriculture, sylviculture, tourisme).
C’est d’ailleurs en bonne conscience de cet impératif que ce sont déployées les Chartes Forestières de Territoire dans les Pays Cévennes, la région du mont Aigoual, et aujourd’hui le Pays Gorges-Causses-Cévennes [13]. Ces démarches visent à mettre en place une gestion concertée et éclairée de la forêt : comment envisager une
exploitation durable qui préserve une forêt riche en biodiversité ? Quelle limite pour l’exploitation forestière sur des territoires fortement dépendants de leur qualité environnementale ? Quelle valorisation optimum de la production de bois sur les territoires (bois-énergie, bois d’œuvre) ?
Toutes ces questions méritent un débat public, et des décisions politiques adéquates, car la forêt est un enjeu qui nous concerne tous. La gestion de la forêt ne saurait être
déterminée par les seules opportunités économiques, à l’insu de la population, qui à terme en subira les conséquences [14].

Les impacts d’une exploitation industrielle
Dégradation environnementale et paysagère
Rappelons dans un premier temps que la « zone d’approvisionnement prioritaire » définie par E.ONcomporte au moins quatre zones classées Natura2000, s’étend en partie sur la zone du Parc National des Cévennes, et sur des territoires « Réserves de Biosphère » et « Patrimoine mondial de l’Humanité » classés par l’UNESCO.
On peut en être certain, au regard de la stratégie d’E.ON exposée plus haut : rien n’a été prévu pour une approche environnementale, concertée, ou même soi-disant durable, de l’exploitation de la forêt. Ainsi la contractualisation au cas par cas entre propriétaires et exploitants donnera lieu à des trouées forestières anarchiques, des coupes à blanc ici et là.
On sait bien aujourd’hui que si aucune replantation n’est prévue, le pin maritime est le premier colonisateur des espaces ouverts en Cévennes. La forêt de résineux prendra donc le dessus partout où le châtaignier aura été coupé, acidifiant les sols, générant de l’insécurité en terme de risque d’incendie. Il faut ajouter à cela le lessivage des sols mis à nu par les coupes rases.
L’exploitation de parcelles inférieures à cinq hectares étant moins réglementée que celle des surfaces de plus grande importance, l’ouverture de pistes de débardage ne donnera pas lieu à des autorisations préalables, et, de voisin en voisin, de contrat en
contrat, les trouées pourraient ainsi atteindre des dizaines d’hectares [15] sans avoir été soumis à autorisation. Cette transformation aura nécessairement un impact sensible sur le milieu et les écosystèmes, et dégradera de manière notoire les paysages.

Gaspillage de la ressource forestière
Ce projet crée bien sûr de l’effervescence chez les acteurs de la filière-bois énergie. Il s’agit pour E.ON de stimuler ces acteurs, qui eux-même iront effectuer une pression économique auprès des propriétaires (via l’offre) afin de déboiser des parcelles. Une fois la ressource forestière rentable épuisée, selon les critères d’E.ON, la demande cessera. Rien n’aura été prévu pour le renouvellement de la ressource.
Le bois constitue une ressource majeure pour nos territoires, et serait susceptible (comme l’indiquent plusieurs diagnostics) d’être mieux valorisé, afin de créer plus de richesses localement, mais aussi favoriser l’accès aux produits issus de la filière-bois, aujourd’hui largement importés pour leur majorité.
Il faut ici souligner clairement que le projet d’E.ON ne comporte qu’une valorisation de premier degré (utilisation en combustion), et de plus non durable : rien ne viendra remplacer ce qui aura été coupé.

Pourtant nos territoires ont un besoin croissant de bois.
En premier lieu le bois-énergie (plaquettes/granulés) qui apparaît une alternative sérieuse en vue de la transition énergétique qu’impose le changement climatique. La transformation du bois pourrait ainsi s’élaborer et se consommer localement, apportant une plus-value largement supérieure à la vente sur pied pour l’économie locale, avec le développement de petites entreprises spécialisées.
En second lieu nos territoires ont besoin de bois d’œuvre pour leur population : de plus en plus la demande émerge concernant le bois en tant que matériau de construction, mais l’offre n’est pas disponible. Il ne s’agit pas ici uniquement de la ressource, mais aussi des savoir-faire liés à la construction venant s’articuler autour de la filière bois. On voit là aussi la plus-value que constituerait une telle politique en comparaison avec l’expédition vers les fourneaux de Gardanne.
Il y a ici un choix à faire entre une exploitation précipitée, non-durable, apportant peu de richesses sur les territoires, et une politique de développement à forte valeur ajoutée articulée autour de la filière bois.

Impact sur les usages traditionnels de la forêt
La forêt est un haut-lieu d’activités traditionnelles en Cévennes : cueillette et chasse sont des aspects importants du lien entre les cévenols et la forêt.
Cependant, autant pour le grand gibier que pour les champignons et la châtaigne, la coupe à blanc de parcelles forestières modifiera nécessairement les équilibres écologiques qui permettent jusqu’à présent au plus grand nombre de jouir d’un usage bénéfique de la forêt.
Rappelons qu’une forêt bien exploitée peut à la fois permettre des coupes de bois et maintenir les activités traditionnelles qui y sont liées.

Perte d’attractivité touristique
La dénaturation du patrimoine paysager que peut engendrer une exploitation industrielle aura nécessairement des conséquences néfastes pour le tourisme. En effet, le caractère attractif des Cévennes en tant que destination touristique vient principalement d’une part de sa culture, mais surtout de ses paysages.
Des trouées anarchiques issues de coupes à blanc, l’augmentation du trafic de véhicules lourds destinés au transport de matériel ou de bois, viendront directement impacter sur la dynamique touristique, secteur majeur de l’économie locale et qui aurait besoin au contraire d’être valorisé et revitalisé.

Dégradation des infrastructures
Enfin, en attendant preuve du contraire, E.ON ne se propose pas de dédommager les collectivités qui verront le coût de l’entretien de la voirie sévèrement augmenter du fait de la circulation d’engins lourds : transport de machines et transport de bois verront leur activité accrue avec l’impact que l’on sait sur des routes qui dans leur grande majorité sont inadaptées à ce type d’activité.

En conclusion
Le projet d’E.ON paraît fort lucratif pour l’entreprise : celle-ci est totalement sécurisée vis-à- vis de l’écoulement de sa production grâce au contrat d’approvisionnement effectué avec l’État et bénéficie de subventions diverses pour son développement.
Ce projet est revendiqué comme « durable », utilisant des résidus végétaux et bois inutilisables pour d’autres usages, alors qu’il se base sur une exploitation industrielle intensive de forêts qui pourraient être mieux valorisées pour le bénéfice des territoires.
Revendiqué comme « durable », mais E.ON n’a pas effectué d’étude sur l’impact que va engendrer sa forte demande de bois local. « Durable », mais aucun projet de
renouvellement de la ressource n’est intégré. Ce projet est mis en œuvre en toute opacité, à l’insu des élus et populations concernées.
Alors que la forêt constitue un levier de développement majeur pour les Cévennes
lozériennes et gardoises, verrons-nous partir en fumée les forêts cévenoles à Gardanne au maigre bénéfice de quelques-uns et au détriment de la majorité ?
La châtaigneraie constitue une « forêt culturelle » par essence, subira-t-elle encore une fois le désintérêt des cévenols comme ce fut le cas autrefois avec le développement de l’industrie du tanin (qui a « englouti » des parcelles entières de châtaigniers au XIXe siècle) ?
Il faut enfin rappeler que toutes les forêts du sud-Lozère et du Gard sont concernées par le projet, pas uniquement la châtaigneraie cévenole.
En attendant que certains acteurs institutionnels, parfois étrangement silencieux à ce sujet bien qu’informés, prennent position, la menace que représente le projet d’E.ON doit être portée sur la place publique par les citoyens.
Complément d’information : le document de la Réunion de lancement Zone d’Approvisionnement Prioritaire Cévennes- Centrale Biomasse de Provence
Saint Hippolyte du Fort – 25 mars 2013

………………………………………….
Notes
[1] Lien https://fr.wikipedia.org/wiki/Classement_mondial_des_entreprises_leader_par_secteur#.C3.89nergie_2

[2] Les Echos.fr

[3] Bio énergie promotion

[4] France3.fr

[5] La Tribune.fr, alors que le groupe a triplé son chiffre d’affaire au premier semestre 2012 suite à un accord avec Gazprom, le géant énergétique russe.

[6] Lien en comparaison avec les résultats affichés dans le lien ci- dessous
http://money.cnn.com/magazines/fortune/global500/2012/full_list/

[7] Lien

[8] France24

[9] Sauf mention contraire, les chiffres fournis dans le présent paragraphe et le suivant sont extraits de la brochure « La conversion de Provence 4 à la biomasse – Un nouvel avenir pour la centrale et pour la région », téléchargeable sur le site d’E.ON ou sont issus de la présentation qu’E.ON a fait de son projet à St Hyppolite-du-Fort, le 25 mars 2013 : « Réunion de lancement Zone d’Approvisionnement Prioritaire Cévennes ».

[10] Source : « Forêts privées des Basses-Cévennes à châtaignier – orientations de gestion » ; CRPF-2001. En téléchargement direct http://www.crpf-lr.com/telechargement/SRGS_IFN/Basses-Cevennes_chataignier.pdf

[11] Document du 25 mars 2013 : « Réunion de lancement Zone d’Approvisionnement Prioritaire Cévennes »

[12] Extraits de l’étude, p.10 – à télécharger sur le site de la DREAL – PACA (lien direct) http://www.paca.pref.gouv.fr/content/download/6490/30103/file/Centrale%252520de%252520Provence%252520-%252520Exploitation%252520tranche%2525204.pdf

[13] Lien

[14] Pour plus d’information sur les Chartes Forestières de Territoire en Languedoc Roussillon : lien

[15] Comme ça a été le cas récemment dans la vallée du Galeizon pour de la forêt de connifères : un propriétaire cède le bois d’une parcelle, puis son voisin… jusqu’à obtenir de trouées de plus de 10ha.
Source : https://reporterre.net/La-centrale-a-biomasse-de-Gardanne


De quel bois se chauffe la centrale de Gardanne?

(24 juin 2013)
Par Julien Vinzent
________________________________________


Cela pourrait être un des étendards de la « transition énergétique » voulue par le gouvernement doublé de la sauvegarde industrielle chère à Arnaud Montebourg. Pourtant, l’annonce le 16 mai du lancement des travaux de la centrale biomasse de Gardanne – pour une ouverture début 2015 – n’a pas suscité d’acclamations. C’est que derrière l’image d’une reconversion verte – du charbon au bois – le projet d’Eon soulève de nombreuses interrogations, économiques, sociales et même environnementales.
La faiblesse de la plus grande unité de production de France, 250 mégawatts (MW) pourrait justement être sa taille : six à dix fois plus que les autres centrales retenues dans le cadre d’un appel d’offres bouclé en 2012, qui lui assure un tarif de rachat de l’électricité garanti. Une telle puissance est synonyme d’un appétit hors normes : entre 800 000 et 1 million de tonnes, majoritairement du bois mais aussi des déchets verts et jusqu’à 15% de charbon.

LA RÉGION INQUIÈTE POUR LA FILIÈRE
Les premières alertes sont venues d’élus locaux, en particulier Annick Delhaye, vice-présidente du conseil régional déléguée à l’énergie. « Cela fait huit ans que nous travaillons à la mise en place d’une filière bois-énergie, on ne veut absolument pas qu’elle soit détruite par un seul demandeur, qui serait Eon », justifiait-elle. L’ampleur des besoins face à un potentiel régional aujourd’hui estimé à 700 000 tonnes va même à l’encontre du modèle promu par la région : « Ce qu’on souhaite, c’est un maximum de proximité, mettre en place des circuits courts pour faire du développement local ».
Les rapports qui se sont succédés récemment (voir notre chronologie interactive en fin d’article) ont pointé systématiquement la question du plan d’approvisionnement, censé passer en 10 ans de 40% d’importations à une ressource exclusivement locale. Si tant est qu’un rayon de 400 km peut être considéré comme tel…

En janvier, le conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER, ouf) critiquait, à propos des lauréats de l’appel d’offres, « un gigantisme des projets inadapté aux réalités de répartition de la ressource (…) qui n’assure pas suffisamment la valorisation de la chaleur ». Cet organisme dépendant du ministère de l’agriculture s’étonnait de plans « rédigés comme si la biomasse correspondait à une ressource inerte, mise à disposition des producteurs d’énergie ». Bref, comme le charbon tiré des mines du bassin gardannais.
Dans la même veine, la mission de réflexion sur l’avenir de la forêt et de la filière bois, menée par le nouveau président de l’ONF, estimait début juin que « la biomasse est une énergie éminemment locale qui se marie mal avec les grands projets nécessitant des approvisionnements très lourds ». De quoi conforter les réserves du député de Gardanne François-Michel Lambert (Europe Ecologie-Les Verts), qui a présenté la semaine dernière un rapport parlementaire sur la biomasse. Il insiste sur les conséquences économiques possibles sur les filières concurrentes, par exemple l’usine de pâte à papier de Tarascon.
Devant la commission du développement durable de l’Assemblée, il a proposé d’adopter une hiérarchie basée sur la rareté de la ressource : « D’abord le bois d’oeuvre (charpentes, meubles, etc., ndlr), puis le bois d’industrie (papier notamment, ndlr) et au bout du bout le bois d’énergie ». À l’intérieur de cette dernière catégorie, il appelle à rechercher « la performance énergétique la plus élevée ». Ce dont est loin le projet d’Eon. Basé exclusivement sur la production, il affiche un rendement (35%) bien moindre que les chaudières (productrice de chaleur) et les centrales à co-génération (électricité et chaleur).

LA MENACE D’UNE FERMETURE
Pourquoi, dans ces conditions, l’État a-t-il accordé une garantie de rachat d’électricité chiffrée à 100 millions d’euros par an ? Pour François Michel-Lambert, ce soutien public devrait amener à poser des conditions, notamment sociales. Sauf, que « face à nous on a quelqu’un qui a un fusil et qui dit « c’est soit ça, soit je tire » ». Il ne s’agit en effet pas d’une création mais d’une reconversion, sur les cendres d’un réacteur mis en service en 1967 et voué à l’arrêt. La chronologie le montre : c’est après le lancement de l’appel d’offres qu’Eon a annoncé en juin 2011 la fermeture de cinq tranches dont Gardanne.
Le député écologiste assure être convaincu qu’Eon « est dans une logique de fermeture à la Mittal », où promesses et chantage alternent avant de« trouver un bouc émissaire pour justifier l’arrêt du projet ». Chantage, le terme est employé dans une motion adoptée la semaine dernière par le congrès départemental de la CGT. Car en parallèle, Eon est engagé dans une bataille avec les syndicats, qui ont obtenu début juin l’annulation d’un plan de 215 suppressions de postes, dont 20 à Gardanne.
D’où une attitude prudente de la mairie de Gardanne. Pour François-Michel Lambert, « plutôt que de se préparer à une inauguration, il est urgent de sortir la boîte à outils », avec parmi les pistes « une nationalisation partielle ». En espérant que, dans ce dossier, l’hypothèse ne soit pas qu’un feu de paille. Sinon, la comparaison avec Mittal serait d’autant plus adaptée.
Source : https://marsactu.fr/de-quel-bois-se-chauffe-la-centrale-de-gardanne/



E.ON :
Une société européenne, anciennement société par actions de droit allemand (Aktiengesellschaft), née de la fusion des groupes allemands Veba et Viag en l’an 2000. Son siège social est à Düsseldorf en Allemagne. E.ON est cotée à la bourse de Francfort sous le symbole EAO et fait partie de l’indice DAX.
Pour plus d’info : https://fr.wikipedia.org/wiki/E.ON

Uniper :
Une entreprise allemande présente dans le secteur énergétique. Elle est issue en 2016, de la scission des activités d’énergie thermique d’E.ON. À sa création, Uniper compte 14 000 salariés. Son siège social se trouve à Düsseldorf1. Son dirigeant est Klaus Schäfer.
Pour plus d’info :
https://france.uniper.energy/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Uniper

E.ON, LA CENTRALE THERMIQUE DE GARDANNNE ET LA CHÂTAIGNERAIE CÉVENOLE
https://reporterre.net/IMG/pdf/e.on_information.pdf

Enquête publique – Bouches-du-Rhône (2/07 – 2/08-2012)
http://www.bouches-du-rhone.gouv.fr/content/download/10363/62460/file/Rapport.pdf

PREFET DES BOUCHES-DU-RHONE – ARRETE autorisant la Société E.ON (29 NOVEMBRE 2012)
http://www.bouches-du-rhone.pref.gouv.fr/content/download/2617/15377/file/Arrete-dautorisation-biomasse-EON.pdf