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Dicamba, remplacement de Glyphosate !

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Interdisons le nouveau poison de Monsanto
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Interdisez dès maintenant ce pesticide destructeur!
https://actions.sumofus.org/a/interdisez-des-maintenant-ce-pesticide-destructeur

Si vous n’êtes pas convaincu, lisez les articles ci-dessous !


Monsanto investit un milliard pour remplacer le glyphosate

(30 juin 2015)
Le succès de Monsanto a longtemps reposé sur l’industrie du glyphosate. L’entreprise a annoncé récemment qu’elle souhaite élargir ses activités agrochimiques en investissant plus d’un milliard de dollars américains dans la production d’un herbicide de remplacement.

Au cours des trois à cinq prochaines années, Monsanto prévoit investir dans une usine à Luling, en Louisiane, pour produire du dicamba. Luling, près de la Nouvelle-Orléans, a été un emplacement clé pour la production de glyphosate pendant des années. Monsanto s’intéresse au dicamba pour ne plus dépendre que du glyphosate, qui représente le principal ingrédient de sa gamme d’herbicides Roundup.

Monsanto vend des semences génétiquement modifiées pour résister au glyphosate. L’entreprise produit du maïs, du soya, du coton, du canola et d’autres végétaux qui peuvent tolérer d’être traités avec du glyphosate. « Au cours de la prochaine décennie, cela pourrait diversifier davantage notre production agricole et permettre des cultures à plus long terme », a affirmé Brett Begemann, président de Monsanto, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

Roundup et les produits Roundup Ready de Monsanto ont été très populaires auprès des agriculteurs, particulièrement aux États-Unis. Toutefois, la culture répandue de maïs et de soya Roundup Ready ainsi que l’utilisation courante de Roundup ont contribué à l’augmentation de mauvaises herbes résistantes au glyphosate.

Les agriculteurs cherchent des solutions pour contrer ce véritable problème. C’est pourquoi Monsanto et ses concurrents tentent de trouver des options pour remplacer le glyphosate et les produits Roundup Ready. « La réalité c’est que l’industrie va devoir évoluer tout comme les plantes évoluent », soutient Matt Arnold, analyste chez Edward Jones.

La solution de Monsanto est de combiner le glyphosate avec du dicamba pour son système de culture Roundup Ready Xtend pour les producteurs de soya et de coton. Monsanto a déclaré qu’elle prévoit au moins 200 millions d’acres pour son système de culture Roundup Ready Xtend pour le soya et le coton en Amérique.

L’entreprise a annoncé qu’elle attend toujours l’approbation des autorités chinoises pour permettre l’importation des nouvelles fèves de soya. La Chine est un des principaux acheteurs de fèves de soya américaines, mais elle hésite à approuver l’importation des nouveaux organismes génétiquement modifiés.
Source : https://www.lebulletin.com/actualites/mosanto-investit-un-milliard-pour-remplacer-le-glyphosate-73122


OGM – États-Unis : le glyphosate obsolète ? Le dicamba débarque

(22 novembre 2016)

Le 9 novembre 2016, le ministère étasunien de l’Environnement (EPA) a autorisé l’utilisation commerciale d’un nouvel herbicide de Monsanto, le XtendiMax. Cet herbicide à base de dicamba est destiné à être utilisé sur des cultures de coton et soja génétiquement modifiés [1]. Cette décision fait suite à celle du ministère de l’Agriculture qui, en janvier 2015, avait autorisé la culture commerciale de soja MON87708 et coton MON88701, tous deux tolérant plusieurs herbicides dont le dicamba [2]. Et l’Union européenne a autorisé en 2015 puis 2016 l’importation de sojas contenant l’évènement MON87708.

Le dicamba perturbe notamment la régulation d’une hormone de croissance végétale, l’auxine. La croissance de la plante aspergée de dicamba est accélérée, au point qu’elle ne dispose plus des nutriments nécessaires pour croître et finit par en mourir. Comme l’indique l’EPA dans sa décision du 9 novembre, les cultures GM tolérant ces herbicides ont l’avantage de permettre de tuer les « adventices devenues de plus en plus résistantes aux herbicides à base de glyphosate [qui] causent des problèmes aux agriculteurs ». Pour une mise en marché effective, chaque état des États-Unis doit maintenant autoriser l’utilisation de cet herbicide.
Des plantes transgéniques tolérant le dicamba
L’herbicide XtendiMax de Monsanto aurait la particularité d’être moins volatile que les autres herbicides à base de dicamba. Selon Monsanto, il sera commercialisé et utilisé sur des cultures de soja contenant l’évènement transgénique MON87708 ainsi que sur des cultures de coton contenant l’évènement transgénique MON88701 [3]. Deux évènements qui visent à faire produire par la plante une enzyme appelée DMO. Cette enzyme transforme dans la plante le dicamba en une molécule appelée 3,6-DCSA et en formaldéhyde.
En Europe, deux sojas GM contenant l’évènement MON87708 ont été autorisés pour l’importation : le soja MON87708 (24 avril 2015) [4], et le soja MON87708*MON89788 (22 juillet 2016) [5]. Deux autres sojas sont en attente d’autorisation, toujours pour l’importation : le soja MON87705*MON87708*MON89788 [6] et le soja MON87751*MON87701*MON87708*MON89788 [7]. Le coton MON88701 est, lui, en attente d’autorisation commerciale [8].

Comment verrouiller un marché
Si la lutte contre les adventices devenues résistantes au glyphosate est une des raisons avancées pour « l’intérêt » d’utiliser du dicamba, une autre raison explique mieux le calendrier suivi.
En effet, en 2016, Monsanto commercialisait déjà des semences de sojas GM (Roundup Ready 2 Xtend) et de cotons GM (Bollgard II XtendFlex), tous deux tolérant le dicamba. Mais si la vente de ces semences étaient autorisée, l’utilisation d’un herbicide à base de dicamba sur ces cultures ne l’était pas encore.
Or, en août 2016, l’EPA annonçait lancer une enquête après avoir reçu « un nombre inhabituellement élevé de rapports quant à des cultures endommagées qui semblent dues à une mauvaise utilisation d’herbicides à base de dicamba » [9]. Mauvaise utilisation ou plutôt utilisation illégale car l’EPA rappelle elle-même « n’avoir homologué aucun herbicide à base de dicamba pour utilisation […] sur cultures de coton ou soja, y compris les cultures génétiquement modifiées pour tolérer le dicamba ». Cette utilisation illégale de dicamba sur des cultures de coton et soja a eu lieu dans plusieurs états listés par l’EPA : Alabama, Arkansas, Illinois, Kentucky, Minnesota, Mississippi, Missouri, Caroline du Nord, Tennessee et Texas. Et il est précisé que pour le Missouri, ce sont 17 000 hectares de pêches, tomates, melon charentais, pastèque, riz, coton, petits pois, cacahuète, luzerne et soja [10] qui ont été impactés par cet herbicide.
Dans une interview donnée en août 2016, avant l’annonce de l’EPA mais alors qu’étaient connus des cas d’utilisation illégale, l’entreprise Monsanto rejetait clairement la faute sur le dos des agriculteurs même si c’est elle qui a choisi de commercialiser ses semences avant l’autorisation de l’herbicide. Elle explique ainsi avoir mis en place « un plan de communication très large expliquant clairement que l’utilisation de dicamba est illégale. (…) la grande majorité des agriculteurs font les choses bien du fait de cette communication ». Mais surtout, à lire Monsanto, l’entreprise aurait lancé cette commercialisation en réponse à une demande expresse d’agriculteurs : « Nous avons développé ces variétés de soja depuis plusieurs années, anticipant leur autorisation […]. Des agriculteurs nous ont donc dit préférer essayer de petites quantités de nouvelles variétés dans leur ferme pour voir celles qui marchent le mieux chez eux. Nous avons fait le choix de commercialiser cette année (2016) pour permettre aux agriculteurs d’expérimenter ces variétés de soja Roundup Ready 2 Xtend. Ils peuvent les planter en toute confiance, car le produit chimique sera approuvé pour la saison de culture 2017 ». Et de rappeler que pour l’instant, Monsanto ne commercialise encore aucun herbicide à base de dicamba mais le fera sous peu.
Une situation de prévente de semences qui a permis de créer un fait accompli. Et qui permet à Monsanto d’envisager plus sereinement sa position sur le marché des herbicides à base de dicamba, marché qui pourrait représenter dans les six millions d’hectares de soja aux États-Unis.
[1] https://www.epa.gov/pesticides/epa-registers-dicamba-formulation-use-dicamba-tolerant-crops
[2] https://www.aphis.usda.gov/brs/fedregister/BRS_20150120a.pdf
[3] http://news.monsanto.com/press-release/products/monsantos-xtendimaxtm-herbicide-vaporgriptm-technology-approved-epa-crop-use
[4] Inf’OGM, « Soja Mon87708 », Inf’OGM, 24 avril 2015
[5] Inf’OGM, « Soja Mon87708*Mon89788 », Inf’OGM, 22 juillet 2016
[6] Inf’OGM, « Soja Mon87705*Mon87708*Mon89788 », Inf’OGM, 22 juin 2016
[7] Inf’OGM, « Soja Mon87751*Mon87701*Mon87708*Mon89788 », Eric MEUNIER, 7 janvier 2016
[8] Inf’OGM, « Coton MON88701 », Inf’OGM, 11 octobre 2013
[9] https://www.epa.gov/sites/production/files/2016-08/documents/fifra-dicambacomplianceadvisory.pdf
[10] Un article d’août 2016 parle lui de près de 81 000 ha pour les états de l’Arkansas, du Missouri et du Tennessee
Source : https://www.infogm.org/6082-ogm-etats-unis-glyphosate-obsolete-dicamba-debarque



Dicamba et OGM : chaos agronomique, chaos écologique et chaos social !

(31 juillet 2017)
Un vieil herbicide utilisé par des millions d’agriculteurs depuis plus de 40 ans est devenu le fléau des campagnes états-uniennes et menace de détruire, à la vitesse de la lumière, de longues amitiés entre familles et l’ordre social de la Ceinture du Maïs, région certes aux prises avec des difficultés, mais habituellement paisible.
Le dicamba [1] est non seulement devenu en quelques mois le problème numéro un de l’année, mais il pourrait aussi modifier les modes de gestion à long terme des exploitations et même la structure des propriétés.
En fait, alors que l’agriculture états-unienne doit faire face à un nombre toujours plus élevés d’adventices tolérantes au glyphosate, les géants des biotechnologies et des semences ne remettent pas en question l’impasse technologique que sont leurs OGMs, mais cherchent au contraire à la prolonger.

Champ de de soja envahi d’amarantes tolérantes au Roundup

Comme note Tom Philpott de « Mother Jones » : « Dow et Monsanto, prévoient de se donner mutuellement les licences des traits de tolérance au 2,4-D et au Roundup pour que chaque firme produise ses OGM multi-traits. De la même façon, Monsanto travaille avec BASF pour mettre au point des OGM tolérants au glyphosate ET au dicamba. »
Et c’est là qu’entre en scène le dicamba. Pour ceux qui ne connaissent pas l’agriculture, le dicamba a été utilisé pendant des années comme herbicide contre les dycotilédones en début de saison, afin de nettoyer les champs, puis n’était plus utilisé de la saison, car il pourrait endommager les cultures.
Quand Monsanto mit au point des semences de soja qui tolèrent le dicamba et le Roundup (soja et coton Roundup Ready Xtend), l’entreprise donna de toute évidence une autre mission au dicamba, celle de tuer aussi les adventices lorsqu’elles poussent dans les champs au milieu des pieds de soja ou de coton, en particulier l’amarante de Palmer qui étouffent les cultures partout où elle pousse.
Par contre sur le terrain, les choses ne se passèrent pas tout à fait comme Monsanto et BASF l’avaient prévu. L’Agence de protection de l’environnement n’a autorisé qu’en mars 2016, la nouvelle formulation moins volatile de l’herbicide (XTendimax) avec des conditions d’utilisation très strictes, laissant un vide imprévu pour l’utilisation par les agriculteurs de vieilles formulations du dicamba qui pouvaient dériver sur de longues distances et tuer les autres cultures sur leur passage. Cela n’empêcha pas la vente des semences qui furent plantées en 2016 par des milliers d’agriculteurs qui essayaient ainsi de sauver leurs champs de l’amarante de Palmer devenue tolérante au Roundup. De nombreux agriculteurs victimes du dicamba reprochent maintenant à Monsanto d’avoir vendu ses semences tout en sachant que les épandages de dicamba auraient forcément lieu.
Qu’à cela ne tienne, en se basant sur le succès des ventes de 2016, Monsanto pense vendre en 2017 le kit semences/herbicides Roundup Ready XTend pour presque 6 millions d’hectares de soja et 1,2 million d’ha de coton et a investi un milliard de dollars dans une usine à Luling (LA) pour satisfaire la demande.

Les feuilles recroquevillées sont le premier symptôme que les pieds de soja ont pu être exposés au dicamba. Les pertes de rendements dépendent de la dose et de la phase de développement de la plante.

C’est à cause des dégâts provoqués par le dicamba qu’en octobre dernier, deux agriculteurs de la région du Missouri Bootheel commencèrent à se disputer et que la querelle dégénéra. Lorsque le fusil fut posé, Mike Wallace gisait mort et Allan Curtis allait passer en procès pour meurtre. Mike Wallace exploitait 1250 ha de maïs, coton et soja. Il avait été cité dans un article du Wall Street Journal début août 2016, dans lequel il manifestait son inquiétude de voir que jusqu’à 40 % de ses champs de soja avaient été endommagés par des dérives de dicamba, et il avait porté plainte.
Cet événement tragique ne laissait présager rien de bon avec le Dicamba et les OGM associés.
Alors que des compagnies de l’agro-chimie comme Monsanto ou BASF vendaient des formulations du dicamba vantées comme restant sur les cultures et ne dérivant pas sur les autres champs, les agriculteurs de la Ceinture du Maïs achetaient le kit semences/herbicide, en espérant que le dicamba et ses semences faites sur mesure résoudraient leurs problèmes de contrôle des adventices, leur feraient gagner du temps et soulageraient leurs problèmes financiers.
Ca c’était le boniment des vendeurs. Certes de nombreux agriculteurs ont été satisfaits de la capacité du dicamba à éradiquer l’amarante de Palmer, l’érigeron du Canada, l’amarante rugueuse et d’autres adventices qui étaient devenues tolérantes aux herbicides – notamment au Roundup de Monsanto – et qui, ces dernières années, infestaient les champs et supplantaient les autres plantes. Mais c’était sans compter sur la capacité indésirable du dicamba de tuer aussi les adventices et les cultures appartenant à d’autres agriculteurs, ce qui a particulièrement dégradé les relations entre voisins.
Les services de l’agriculture des différents Etats ont été submergés d’appels et de plaintes. Certains ont pris comme mesure d’interdire totalement le dicamba sur leur territoire jusqu’à nouvel ordre. D’autres ont pris toute une série de mesures moins strictes pour restreindre son utilisation. Des chercheurs universitaires sur les adventices ont essayé d’apporter des réponses aux agriculteurs qui avaient subi des dommages dus au dicamba et n’ont pas pu faire grand chose cette année vu la multitude d’appels.
Conscients du nombre croissant de plaintes pour les dégâts causés par le dicamba, Monsanto et BASF ont réagi à leur façon.
BASF affirme être conscient des problèmes dans les champs et a envoyé plus de 400 représentants sur le terrain pour répondre aux questions et inquiétudes et dit dépenser de l’argent pour mettre les bons outils dans les mains des agriculteurs. D’un point de vue d’une bonne utilisation, il ressort de cette expérience qu’un des éléments clés est d’utiliser le bon embout d’après Scott Kay, directeur commercial de BASF : « Nous avons investi beaucoup d’argent dans ces embouts et les avons distribués à nos clients. A ce jour, plus de 600 000 embouts ont été achetés et donnés à nos clients ».

Pêcher endommagé par le dicamba, herbicide très volatile. Ce composé chimique est transporté par le vent et endommage les plantes qui ne sont pas modifiées génétiquement pour le tolérer. Monsanto vend maintenant les semences et le poison qui va avec. (Commentaire et photo EchoWatch)

Robb Fraley, le directeur de la technologie chez Monsanto annonce : « Nous cherchons des agents de retardement de dérive, des embouts et des procédures de nettoyage pour les producteurs. Nous allons travailler avec les Etats pour être surs que des produits non homologués ne sont pas utilisés et ce sera un point essentiel. Ensuite, nous allons voir ce que nous pouvons faire pour que les agriculteurs tiennent plus compte des conditions de températures et d’inversion. Beaucoup de choses à faire, mais je suis absolument persuadé que cela va bien nous aider et que ce sera important pour les agriculteurs. »
Les fabricants du dicamba ont donc repoussé toute responsabilité sur les agriculteurs, les accusant d’épandre quand il y avait trop de vent, lorsqu’il y avait des inversions de températures, d’utiliser les mauvais embouts sur leurs pulvérisateurs ou de ne pas suffisamment bien nettoyer les résidus de dicamba dans leurs pulvérisateurs.
Pas une fois, ils n’ont reconnu la moindre responsabilité. Pourtant, alors que les experts des compagnies affirment que les bons embouts vont aider à mieux cibler les épandages, Aaron Hager de l’Université de l’Ilinois voit d’autres problèmes à l’avenir. Comme il dit « Le dicamba est le dicamba. On peut changer les sels, les adjuvants, mais le dicamba reste le dicamba et vous ne changerez rien au fait que les variétés de soja non manipulées génétiquement sont extrêmement sensibles au dicamba ».
Et c’est bien là, la question fondamentale : Est-ce que la co-existence est possible ou non, entre les variétés manipulées génétiquement pour être tolérantes au dicamba et les variétés qui ne le tolèrent pas ? Les avis divergent.
Les dommages causés par le dicamba ne sont pas couverts par les assurances, mais peuvent être couverts par une action engageant la responsabilité, si cela est accepté par l’organisme assureur de l’agriculteur dont le dicamba a dérivé sur le champ endommagé. Des dizaines de milliers d’agriculteurs ne pourront pas encaisser les revenus provenant de plusieurs millions d’hectares de soja non-tolérant au dicamba qui ont été dévastés par cet herbicide, et ils ne pourront pas couvrir les coûts de production de cette année. Il n’est absolument pas certain que leurs créanciers accepteront cela comme excuse pour ne pas payer le prêt d’exploitation cette année.
Entre temps les avocats entrent en scène en force. Mais au lieu de poursuivre leurs voisins, les agriculteurs commencent à se retourner contre les vendeurs de dicamba.
Le 14 juin un recours collectif a été déposé contre Monsanto et BASF dans l’Arkansas. L’un des avocats, Philip Duncan, déclarait : « Nous avons déposé un recours collectif en faveur des agriculteurs dont les biens ont subi des dégâts causés par les herbicides à base de dicamba, fournis par Monsanto et BASF. Les accusés ont mis au point et contrôlé les systèmes de culture au dicamba, commercialisant des semences manipulées génétiquement sans un herbicide correspondant qui soit sûr et homologué. Des cultures, des fruits et des arbres qui ne sont pas tolérants au dicamba ont été abîmés, ce qui fait que les récoltes des agriculteurs ont subi des dégâts importants en Arkansas et dans d’autres états lors de l’année 2016, notamment en Alabama, en Illinois, au Kentucky, au Minnesota, dans le Mississippi, la Caroline du Nord, le Tennessee et le Texas. Ce qui est en jeu c’est l’existence même des agriculteurs et nous voulons protéger leurs intérêts ».
Pour un autre avocat, Paul Byrd : « La crise du dicamba a été créée et imposée par l’industrie agricole. Aujourd’hui, les cultures sont menacées, le tissu social est menacé. Il y a déjà eu des tragédies provoquées par cette crise ».
Dans le Missouri, l’avocat Bev Randle résume le problème : « Monsanto a fait passer l’appât du gain avant la sécurité de tous et transformé les agriculteurs du Sud-est du Missouri et du nord-est de l’Arkansas en cobayes involontaires pour tester les défauts de leur système de semences. »
Des propos qui rappellent ceux de Scott Powell, l’avocat des agriculteurs dans le procès gagné contre Syngenta : « Syngenta s’est précipité pour commercialiser ce produit en ne pensant qu’à ses propres intérêts. Il n’a aucunement été tenu compte des agriculteurs. Pour Syngenta, il n’y avait aucun risque. Tout s’est fait sur le dos des agriculteurs. »
Les Amis de la Terre suivrons de près ces recours collectifs qui se forment et s’ajoutent à ceux qui sont déjà en cours contre Syngenta…
Les OGM, depuis leur première commercialisation, ont provoqué dans de nombreux pays un chaos écologique, agronomique et social, mais l’heure de l’addition a peut-être enfin sonné !
Traduction et adaptation : Christian Berdot des Amis de la Terre
Source : http://www.amisdelaterre.org/Dicamba-et-OGM-chaos-agronomique-chaos-ecologique-et-chaos-social


Agrochimie. Après le glyphosate, le dicamba fait des ravages aux États-Unis

(07/09/2017)

Le dicamba, un herbicide produit par Monsanto et BASF, a tendance à s’envoler au-delà des champs sur lesquels il est pulvérisé, tuant tout sur son passage. L’utilisation de ce produit, censé lutter contre des mauvaises herbes de plus en plus résistantes aux produits chimiques, semble avoir été autorisée trop rapidement.

De Blytheville, Arkansas – Clay Mayes freine brusquement, saute de son Chevy Silverado sans éteindre le moteur et se met à vociférer contre un cornouiller. Les feuilles recroquevillées de l’arbuste pendouillent, comme de minuscules parapluies cassés. C’est le symptôme typique d’une exposition accidentelle à un herbicide controversé : le dicamba. “Ça me rend dingue ! crie le chef de culture en gesticulant. Si ça continue comme ça…”

“… tout crèvera”, termine son passager, Brian Smith. Les dégâts causés par le dicamba dans le nord-est de l’Arkansas et dans tout le Midwest (affectant le soja, d’autres cultures, et même les arbres) sont emblématiques d’une crise qui ne cesse de s’aggraver dans l’agriculture américaine. Les paysans sont prisonniers d’une course aux armements entre des herbicides de plus en plus puissants et des mauvaises herbes de plus en plus résistantes.

Le dicamba, dont l’utilisation d’une nouvelle formule a été officiellement approuvée au printemps, était censé rompre ce cycle et éradiquer les adventices dans les champs de coton et de soja. Cet herbicide, associé avec des graines de soja génétiquement modifiées pour lui résister, promettait une meilleur maîtrise des plantes indésirables, comme l’amarante de Palmer, qui a développé une résistance aux herbicides communs [notamment au glyphosate].
Source : http://www.courrierinternational.com/article/agrochimie-apres-le-glyphosate-le-dicamba-fait-des-ravages-aux-etats-unis


Après le glyphosate, le dicamba fait des ravages aux États-Unis Le dicamba, un herbicide produit par Monsanto et BASF, a tendance à s’envoler au-delà des champs sur lesquels il est pulvérisé, tuant tout sur son passage.

(10 septembre 2017)
L’utilisation de ce produit, censé lutter contre des mauvaises herbes de plus en plus résistantes aux produits chimiques, semble avoir été autorisée trop rapidement.
De Blytheville, Arkansas – Clay Mayes freine brusquement, saute de son Chevy Silverado sans éteindre le moteur et se met à vociférer contre un cornouiller.
Les feuilles recroquevillées de l’arbuste pendouillent, comme de minuscules parapluies cassés.
C’est le symptôme typique d’une exposition accidentelle à un herbicide controversé : le dicamba.
“Ça me rend dingue ! crie le chef de culture en gesticulant. Si ça continue comme ça…” “… tout crèvera”, termine son passager, Brian Smith. Les dégâts causés par le dicamba dans le nord-est de l’Arkansas et dans tout le Midwest (affectant le soja, d’autres cultures, et même les arbres) sont emblématiques d’une crise qui ne cesse de s’aggraver dans l’agriculture américaine.
Les paysans sont prisonniers d’une course aux armements entre des herbicides de plus en plus puissants et des mauvaises herbes de plus en plus résistantes.
Le dicamba, dont l’utilisation d’une nouvelle formule a été officiellement approuvée au printemps, était censé rompre ce cycle et éradiquer les adventices dans les champs de coton et de soja.
Cet herbicide, associé avec des graines de soja génétiquement modifiées pour lui résister, promettait une meilleur maîtrise des plantes indésirables, comme l’amarante de Palmer, qui a développé une résistance aux herbicides communs [notamment au glyphosate].
Une homologation précipitée
Le problème, disent les agriculteurs et les chercheurs, est que le dicamba est emporté par le vent au-delà des champs sur lesquels il était pulvérisé, endommageant des millions d’hectares de soja et d’autres végétaux non protégés.
Selon eux, l’herbicide a été approuvé par des fonctionnaires fédéraux qui ont statué en l’absence de données suffisantes, notamment sur la possibilité qu’il dépasse sa cible.
Ces responsables, de même que les fabricants du produit, Monsanto et BASF, rejettent cette accusation et affirment que tout a été fait selon les règles édictées par le Congrès.
La colère contre le dicamba a entraîné des actions en justice, l’ouverture d’enquêtes au niveau fédéral et des États et une dispute qui s’est terminée par un coup de fusil, la mort d’un agriculteur et des poursuites pour meurtre.
Une feuille d’un plant de soja affecté par le dicamba. Andrea Morales pour le Washington Post “Ce devrait être un coup de semonce”, déclare David Mortensen, spécialiste des adventices à l’université d’État de Pennsylvanie.
D’après les estimations, ces plantes résistantes aux herbicides coûteraient à l’agriculture américaine plusieurs millions de dollars par an en récoltes perdues.
Selon Monsanto, depuis que l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a autorisé l’utilisation, au printemps dernier et cet été, de la nouvelle version du dicamba, les agriculteurs ont semé du soja résistant à ce pesticide sur plus de 10 millions d’hectares.
Mais plus les pulvérisations augmentaient, plus les exemples de “volatilisation” se multipliaient.
Le produit dérive vers d’autres champs, endommageant les végétaux incapables de le supporter – arbres, soja [non génétiquement modifié], légumes et fruits à proximité – ainsi que des plantes qui servent d’habitat aux abeilles et autres pollinisateurs.
Selon une étude datant de 2004, même à très petites doses, le dicamba est 75 à 400 fois plus dangereux pour les plantes qu’il touche accidentellement que le glyphosate.
Il est particulièrement toxique pour le soja qui n’a pas été génétiquement modifié pour lui résister.
Europe. Risque “improbable” de cancer : le glyphosate reste autorisé
Kevin Bradley, chercheur à l’université du Missouri, estime que plus de 1,5 million d’hectares de cultures ont été endommagés par le dicamba – notamment dans de grands États agricoles tels que l’Iowa, l’Illinois et le Minnesota –, ce qui représente presque 4 % de la surface cultivée en soja aux États-Unis.
Et d’après les chercheurs, ce chiffre est probablement en deçà de la réalité. “Il est très difficile d’évaluer l’étendue des dégâts, précise Bob Hartzler, professeur d’agronomie à l’université d’État de l’Iowa, mais je suis parvenu à la conclusion que le dicamba est impossible à contrôler.”
Cette crise intervient alors que le cours du soja est plus bas que prévu et que le revenu de l’activité agricole baisse depuis quatorze trimestres.
La pression sur les cultivateurs est donc énorme.
Des dégâts qui se chiffrent en millions de dollars Wally Smith ne sait pas combien de temps il pourra tenir.
Son exploitation emploie cinq personnes, dont son fils, Hughes, son neveu, Brian, et le chef de culture, Clay Mayes.
Aucun d’entre eux ne voit quel autre travail il pourrait faire dans ce coin du comté.
Le dicamba a fait des ravages dans la région de Blytheville.
Sur plusieurs kilomètres à la ronde, de la route jusqu’aux arbres qui se dressent à l’horizon, on ne voit que des plants de soja rabougris, aux feuilles enroulées sur elles-mêmes.
Une ferme bio a dû suspendre ses ventes cet été après avoir découvert que ses produits étaient contaminés.
Dans l’exploitation de Wally Smith, plusieurs hectares de soja présentent un retard de croissance à cause de l’herbicide, ce qui signifie qu’il perdra de l’argent, après avoir investi 2 millions de dollars : Voilà la réalité.
Si le rendement s’effondre, nous n’aurons plus qu’à mettre la clé sous la porte.” La nouvelle formulation du dicamba a été approuvée car elle était censée rendre le produit moins dangereux et moins volatil que ses versions précédentes.
Mais ses détracteurs affirment que le feu vert a été donné malgré l’absence d’études concluantes et sous la pression des départements d’agriculture des États, des industriels et des syndicats agricoles. Selon ces derniers, les paysans avaient absolument besoin de ce nouvel herbicide pour venir à bout des mauvaises herbes résistantes au glyphosate.
Elles envahissent les champs et privent le soja de la lumière du soleil et des substances nutritives dont il a besoin.
L’abus d’herbicides a rendu ces adventices de plus en plus résistantes et de plus en plus envahissantes ces vingt dernières années.
Lors d’une téléconférence avec des membres de l’Agence de protection de l’environnement, le 29 juillet, des scientifiques travaillant dans une douzaine d’États ont signalé que le dicamba était plus volatil que les fabricants ne l’avaient dit.
Des expériences en plein champ menées par des chercheurs des universités du Missouri, du Tennessee et de l’Arkansas ont montré depuis que le dicamba a la capacité de se volatiliser et de gagner d’autres cultures jusqu’à soixante-douze heures après son épandage.
Des études en amont biaisées ou inexistantes sur le terrain
Les autorités en charge de la réglementation ne disposaient pas de ces informations.
Monsanto et BASF avaient fourni des centaines d’études à l’EPA, mais seul un petit nombre concernait la volatilité du produit en conditions réelles.
La majorité des essais avaient été menés sous serre ou en laboratoire.
Selon les règles de l’EPA, ce sont les fabricants qui doivent financer et mener les tests de sécurité sur lesquels cette administration s’appuie pour évaluer les substances.
Bien que les fabricants de pesticides donnent souvent leurs nouveaux produits aux chercheurs des universités pour qu’ils les testent dans divers environnements,
Monsanto reconnaît ne pas avoir autorisé d’essais pour le dicamba afin de ne pas retarder son homologation.
Et, d’après les scientifiques, BASF a limité les tests.
Agriculture. Aux États-Unis, les OGM de Monsanto ne font plus recette
D’après les chercheurs, cela a permis aux industriels de choisir le type d’informations qu’ils allaient fournir aux autorités.
“Monsanto en particulier a fait très peu d’essais sur le terrain”, dénonce Jason Norsworthy, un professeur d’agronomie à l’université d’Arkansas auquel le géant de l’agrochimie n’a pas permis de tester la volatilité de son produit.
L’Agence de protection de l’environnement et les industriels nient qu’il y ait eu une faille dans le processus d’approbation du dicamba.
L’EPA déclare : Il appartient aux candidats à l’homologation de fournir toutes les données requises.
Le Congrès a imposé cette obligation aux fabricants de pesticides plutôt que de contraindre d’autres entités à financer et mener la collecte de données.”
Odessa Patricia Hines, porte-parole de BASF, explique de son côté que la société a mis son produit sur le marché “après plusieurs années de recherches, des essais dans des exploitations agricoles et des évaluations par des universités et les agences de réglementation”.
Scott Partridge, vice-président de Monsanto en charge de la stratégie, est d’avis que certains agriculteurs ont illégalement pulvérisé des formulations plus anciennes et plus volatiles ou qu’ils n’ont pas utilisé le bon matériel.
L’entreprise, qui a investi 1 milliard de dollars l’année dernière dans des unités de production de dicamba, a déployé une armée d’agronomes et de spécialistes du climat pour déterminer la cause du problème.
Il assure : Nous nous rendons chez tous les agriculteurs et dans tous les champs. Si le produit peut être amélioré, nous le ferons.”
Les États les plus touchés sont également passés à l’action.
En juillet, l’Arkansas a interdit les épandages jusqu’à la fin de la saison et augmenté les amendes pour application illégale.
Le Missouri et le Tennessee ont renforcé leur réglementation sur l’utilisation du dicamba et une dizaine d’États se sont plaints à l’EPA.
En août, celle-ci a laissé entendre à plusieurs scientifiques qu’elle pourrait envisager de retirer les nouveaux désherbants à base de dicamba du marché.
Contactée, l’agence reste vague sur ses intentions.
“L’EPA est très préoccupée par les rapports récents sur les dégâts que le dicamba aurait causés aux cultures dans l’Arkansas et dans d’autres parties du pays”, se borne à déclarer un de ses représentants.
Un recours collectif a été intenté contre les fabricants en les accusant de déclarations inexactes sur les risques présentés par leurs produits.
Les Smith envisagent de s’y associer.
Une efficacité sans doute très limitée dans le temps
Dans le même temps, des signes montrent déjà que le dicamba ne sera peut-être pas efficace très longtemps.
Les scientifiques ont montré que l’amarante pouvait développer une résistance à ce produit en trois ans seulement.
Des spécimens soupçonnés d’avoir déjà acquis cette caractéristique ont été découverts dans le Tennessee et l’Arkansas.
Monsanto n’a “connaissance d’aucun cas confirmé d’amarante résistante” au dicamba, affirme toutefois un porte-parole du groupe.
Les détracteurs de l’utilisation intensive de produits agrochimiques voient dans cette crise une parabole et une anticipation de l’avenir de l’agriculture américaine.
Pour Scott Faber, vice-président de l’Environmental Working Group [une ONG de protection de la santé et de l’environnement], les agriculteurs sont “piégés dans une spirale chimique” alimentée par l’industrie de la biotechnologie.
Nombre d’agriculteurs sont persuadés qu’ils ne pourraient pas continuer à travailler sans de nouveaux désherbants. “Nous sommes dans un cul-de-sac”, déplore Nathan Donley, responsable scientifique au Center for Biological Diversity [ONG œuvrant pour la protection des espèces menacées].
La prochaine étape sera la résistance à un troisième produit chimique, puis à un quatrième.
Nul besoin d’être un génie pour savoir comment cela va finir.
Le vrai problème ici est que l’on utilise dans les cultures des combinaisons de produits toxiques toujours plus complexes, avec des conséquences toujours plus complexes.”
Source : http://www.psychostrategy.net/apres-le-glyphosate-le-dicamba-fait-des-ravages-aux-etats-unis-le-dicamba-un-herbicide-produit-par-monsanto-et-basf-a-tendance-a-s-envoler-a


États-Unis – Dicamba, un herbicide sur la sellette

(18 septembre 2017)
Le renouvellement potentiel prochain, dans l’Union européenne, de l’autorisation du glyphosate, un herbicide total, fait couler beaucoup d’encre. Du coup, on n’entend moins parler de l’autorisation récente, sur trois plantes transgéniques, du dicamba, un autre herbicide, aux États-Unis, censé répondre aux problèmes posés par le glyphosate. Cette molécule engendre pourtant à son tour – et déjà – des problèmes.
En novembre 2016, le ministère étasunien de l’Environnement (EPA) autorisait l’utilisation sur culture de plantes transgéniques de trois formulations commerciales d’herbicides à base de dicamba : FeXapan de Dupont (qui est associé à VaporGrip, une technologie de Monsanto qui réduit la volatilité des herbicides à base de Dicamba), Engenia de BASF et XTendimax (également associé à VaporGrip) de Monsanto. Ces produits ont été autorisés pour être utilisés sur des cultures de coton Bollgard II XtendFlex et de soja Roundup Ready 2 Xtend. Une autorisation qui a été donnée alors que des herbicides à base de dicamba avaient déjà été utilisés – donc illégalement – en 2016 et que le ministère recevait de nombreux témoignages d’impacts environnementaux [1]. Un an plus tard, de telles remontées continuent d’affluer au ministère alors que cette fois, la molécule est autorisée [2].
En 2016, des plaintes pour utilisation illégale
Le dicamba est utilisé comme herbicide car cette molécule accélère la croissance végétale au point qu’elle provoque un manque de nutriment faisant mourir « de faim » la plante. Il est utilisé en formule commerciale d’herbicides notamment car il permet de tuer les « adventices devenues de plus en plus résistantes aux herbicides à base de glyphosate » selon l’EPA [3]. Mais en juillet 2016, soit plusieurs mois avant qu’il homologue l’utilisation commerciale d’herbicides à base de dicamba, ce ministère était alerté par un nombre « inhabituellement élevé de rapports concernant des cultures endommagées probablement dues à une mauvaise utilisation d’herbicides à base de dicamba ». Des dommages qui feraient suite notamment à une dissémination des herbicides au-delà de la zone où ils sont aspergés. Le ministère publiait alors en août une note de conformité dans laquelle il rappelait n’avoir homologué aucune utilisation d’herbicides à base de dicamba sur coton ou soja, en prenant soin de préciser « y compris sur les cultures génétiquement modifiées pour tolérer le dicamba » [4]. Cette dernière précision sur les cultures GM vient du fait que Monsanto commercialisait déjà des plantes génétiquement modifiées pour tolérer le dicamba (soja GM Roundup Ready 2 Xtend et coton GM Bollgard II XtendFlex) avant même que les formules commerciales à base de dicamba ne soient autorisées sur ces cultures. Mais en novembre 2016, c’était chose faite : l’EPA délivrait les autorisations pour trois herbicides à base de dicamba.
En 2017, des plaintes pour dommages environnementaux
Mais le flot de témoignage continue. En juillet 2017, l’EPA indique sur son site Internet avoir reçu, entre juin et fin août 2017, 2 400 rapports d’agriculteurs à propos du dicamba. Début juillet, des « centaines » de rapports avaient déjà été reçus en provenance d’Arkansas, du Missouri et du Tennessee. Selon les rapports reçus, l’EPA indique que les dommages sont liés à « la volatilité et à la dispersion physique par les airs » du dicamba lors de son application. Et de préciser que les cultures endommagées incluent « sans y être limitées, du coton non tolérant au dicamba, des cultures ornementales, des légumes comme des tomates, certaines espèces d’arbres, ainsi que des espèces de pastèque et de raisin ». Des rapports qui ont obligé l’EPA a publié une nouvelle note de conformité pour rappeler que les autorisations commerciales ont été données sous restrictions : pas d’application par avion, pas d’application si la vitesse du vent est supérieure à 15 miles par heure (soit environ 24 km/h), application seulement à l’aide de tuyaux pressurisés de manière spécifique et mise en place de zones tampon selon la direction du vent…
Dès janvier 2017, des associations portent plainte en justice contre l’EPA
Pourtant, certains acteurs avaient tiré la sonnette d’alarme. Dès janvier 2017, quatre organisations de la société civile [5] portaient plainte à San Francisco contre l’EPA pour ne pas avoir respecté la procédure de consultation lors du traitement de la demande d’autorisation des herbicides à base de dicamba en 2016 : l’EPA n’avait en effet pas consulté certains services du gouvernement [6]. Pour les plaignants, à l’instar de Georges Krimbell du Center for Food safety (CFS), « le législateur fédéral a abandonné les intérêts des agriculteurs, de l’environnement et de la santé publique. Nous n’autoriserons pas que notre alimentation soit empêtrée dans un cauchemar de pesticides, pas sans nous battre » [7].
Des états interdisent le dicamba
Face à ces dommages, certains états ont pris des mesures. En juillet 2017, les états du Missouri et du Tennessee restreignaient l’utilisation du dicamba [8]. Dans le cas du Missouri, ces mesures de restriction mettaient un terme à une interdiction du Dicamba qui n’aura donc duré que quelques jours. Le même mois, l’Arkansas interdisait jusqu’en avril 2018 la vente et l’utilisation du Dicamba en agriculture (avec des exceptions comme pour le jardinage) [9]. Sur recommandation d’un comité spécialement créé sur le sujet du dicamba, l’état de l’Arkansas pourrait également décider de prolonger cette interdiction au-delà de cette date du 18 avril 2018. Une éventualité contre laquelle Monsanto s’est déjà mobilisé en écrivant au gouvernement d’Arkansas qu’une telle date « n’est basée sur aucune donnée scientifique et encore moins sur un consensus scientifique » [10]. Mais comment obtenir des données scientifiques si, comme Reuters l’a révélé en août, Monsanto refuse « que des chercheurs universitaires étudient la volatilité de son herbicide XtendiMax avec VaporGrip » ? [11].
Le volet juridique ne s’arrête pas là. Car en juillet 2017, un recours collectif en justice (class-action) a été initié contre Monsanto auprès de la Cour du Missouri par des agriculteurs s’estimant victimes [12]. Et pendant ce temps, l’Union européenne a déjà autorisé deux plantes génétiquement modifiées et étudie les demandes d’autorisation de trois autres, toutes cinq étant modifiées pour tolérer… le dicamba [13].
[1] Inf’OGM, « OGM – États-Unis : le glyphosate obsolète ? Le dicamba débarque », Eric MEUNIER, 22 novembre 2016
[2] http://www.agprofessional.com/resource-centers/crop-protection/epa-responds-dicamba-complaints
[3] cf. note 1
[4] Compliance Advisory : High Number of Complaints Related to Alleged Misuse of Dicamba Raises Concerns
[5] National Family Farm Coalition, Center for Food Safety, Center for Biological Diversity et Pesticide Action Network
[6] Dicamba Herbicide : Environmental Groups Sue EPA as Some States Set up Application Limits – DTN
[7] Ibid
[8] Tennessee joins states taking action on dicamba ; Missouri imposes restrictions
[9] Dicamba Updates
[10] Monsanto fights to sell Arkansas farmers herbicide linked to crop damage
[11] Scant oversight, corporate secrecy preceded U.S. weed killer crisis
[12] Class lawsuit takes aim at dicamba producers, accuses Monsanto reps of condoning illegal spraying
[13] Deux sojas GM contenant l’évènement MON87708 ont été autorisés pour l’importation : le soja MON87708 (24 avril 2015), et le soja MON87708*MON89788 (22 juillet 2016). Deux autres sojas sont en attente d’autorisation, toujours pour l’importation : le soja MON87705*MON87708*MON89788 et le soja MON87751*MON87701*MON87708*MON89788. Le coton MON88701 est, lui, en attente d’autorisation commerciale pour l’importation.
SOURCE : https://www.infogm.org/6346-etats-unis-dicamba-nouvel-herbicide-deja-sellette?lang=fr


INTERDICTION DU GLYPHOSATE : UNE EXCELLENTE AFFAIRE (PRÉVUE) POUR MONSANTO !

(27 SEPTEMBRE 2017)
On va interdire le glyphosate, malgré les protestations véhémentes et indécentes des productivistes agricoles de la FNSEA dont on ne sait plus très bien si le « E » du sigle signifie encore « exploitant » ou plutôt « empoisonneur », quand on les voit manifester contre les mesures de protection des populations, comme l’interdiction d’épandre des pesticides à moins de 100 m des écoles et autres mesures environnementales. Ils nous avaient déjà fait le coup, il y quinze ans, avec l’atrazine, autre herbicide, qui a empoisonné les nappes phréatiques pour des décennies…
Commercialisé sous le nom de Roundup, le glyphosate a connu durant plus de trente ans une diffusion planétaire car son emploi – premier cas connu en la matière – a été jumelé avec les premières semences OGM dites « RR » (Roundup Ready) résistantes à cet herbicide..
On en a constaté les effets nocifs, la rémanence de nombre de ses sous-produits dans les zones traitées, etc. Et même, potentiellement, un caractère cancérogène !
On a mis en évidence des plantes devenues résistantes dès les années 2000, sans parler de transfert du gène de résistance, ce qui a conduit à l’abandon de milliers d’hectares de terres céréalières cultivées aux États-Unis, totalement envahies par des chénopodes ou des ambroisies, au Delaware, au Texas et en Géorgie… Dans la vallée du Rhône, ce sont les cultures de tournesol qui sont maintenant envahies par l’ambroisie…
Pire : l’action du Roundup sur des cotonniers transgéniques a abouti à l’effondrement des rendements !
Mais, finalement, personne n’a bougé : Monsanto usait de sa position de monopole mondial !
Le glyphosate est tombé dans le domaine public en 2000, et des firmes concurrentes en ont aussitôt pris la commercialisation, notamment pour des produits de jardinerie. Ce seront les premières visées par l’interdiction à venir…
Car les semences RR de Monsanto restant sous brevet, cela lui a permis de bénéficier pendant quinze ans encore d’une véritable prolongation de sa situation de monopole.
Monsanto avait aussi su anticiper… en isolant un gène résistant (aussitôt breveté, rassurez-vous !) à une autre molécule herbicide : le dicamba !
Un agent chimique, reconnu tératogène chez l’homme, dérivé de l’acide benzoïque.
Brevetée par Union Carbide, cette molécule a fait l’objet d’un accord d’exploitation avec Monsanto finalisé le 20 janvier 2009 (date historiquement autrement importante pour cela que pour la prestation de serment de Barack Obama !).
Tel est donc le substitut du glyphosate, stratégiquement prévu depuis au moins dix ans, aujourd’hui lancé sur le marché !
Curieusement, c’est seulement au moment où ce monopole commercial du glyphosate était sérieusement ébranlé, alors que Monsanto en prépare le relais, que la machine médico-médiatique sécuritaire s’est mise en marche… Sûrement une coïncidence.
Le marché des herbicides est donc désormais totalement ouvert pour que Monsanto y déverse son nouveau pesticide, dont la molécule active n’a fait l’objet d’aucune étude sérieuse d’impact !
Les dégâts déjà occasionnés aux États-Unis par le dicamba ont pourtant conduit à des pétitions demandant le retrait immédiat de cette nouvelle calamité écologique.
Le dicamba permettra sans doute de lutter contre l’envahissement de l’ambroisie, mais amènera évidemment à terme l’apparition de nouvelles formes de résistances inquiétantes…
De quoi être tranquille pour quelques nouvelles dizaines années, et permettre à Monsanto de consolider sa position de monopole…
Et la FNSEA, qui tient là sa « solution de remplacement », va applaudir…
Monsanto peut donc dire merci à l’interdiction du glyphosate, et il a peut-être œuvré pour cela en coulisses : sa stratégie commerciale l’appelle de tous ses vœux !
Source : http://www.bvoltaire.fr/interdiction-glyphosate-excellente-affaire-prevue-monsanto/


LE DICAMBA, NOUVEL HERBICIDE AMÉRICAIN HAUTEMENT NOCIF POUR L’ENVIRONNEMENT

(28 Sep 2017)
L’agriculture américaine est entrée dans une course effrénée à l’utilisation massive de produits agrochimiques de plus en plus puissants pour lutter contre des mauvaises herbes sans cesse plus résistantes aux herbicides. Ce cercle vicieux est à l’origine de l’utilisation du dicamba, dernier né des herbicides de Monsanto, estimé 75 à 400 fois plus puissant et destructeur pour les cultures environnantes que le glyphosate.
Monsonto est soupçonné d’avoir procédé à des tests insuffisants sur la volatilité de son herbicide probablement pour ne pas retarder son homologation. Des chercheurs américains estiment à au moins 1,5 million d’hectares la superficie des cultures abîmées par le dicamba. Lorsqu’il est emporté par les vents lors de son épandage, le dicamba ravage le soja et les cultures non génétiquement modifiés. Les États agricoles comme l’Iowa, l’Illinois et le Minnesota seraient les plus touchés.
Carole Ivaldi
Source : http://www.willagri.com/2017/09/28/dicamba-nouvel-herbicide-americain-hautement-nocif-lenvironnement/